X
Identifiant Mot de passe
  Admin Blog Accueil Blog Créér un blog Mail Actualités ToutApprendre Soutien Scolaire Shopping Mag des Voyages Recherche Web
OK
J'ai vu ma vie défiler très lentement en jeu simple gagnant
mardi 21 novembre 2006, a 02:53
LA GLORIEUSE INCERTITUDE... (les pronos de Werner Heisenberg)

  Après avoir obtenu un doctorat de philosophie, être entré dans l’Education Nationale, et pris immédiatement un an de congés payés, j’ai pris à peu près en même temps pour hobby la physique quantique et les courses de chevaux. Retenons de la première, le principe d’incertitude de Werner Heisenberg qui se résume à peu près comme suit : « Il est impossible de mesurer simultanément la position et la vitesse d'un objet quantique ».

C’est-à-dire que lorsque vous êtes en position de mesurer la position (oui, je sais, cette formulation répétitive est malheureuse, mais c’était cela ou « lorsque vous êtes en mesure de mesurer la position… ») de votre objet, vous ne pouvez étudier la vitesse car vous êtes déjà en train de modifier un paramètre, par votre présence.

Prenons vos pronostics, votre façon de jouer, vous souhaitez l’améliorer, bien, mais à moins que vous ayez des critères immuables, vous êtes incapable de conserver votre intuition si vous décidez de la travailler.

 

Cette nuit, je me demandais s’il fallait renoncer ou non au jeu simple placé (puisque je ne vois pas ma vie défiler dans des places à 1 euro 30) et feuilletais mon historique que voici, en dehors de tout affinage de mises.

. 46 chevaux donnés en octobre,

sur PMU (jeu simple gagnant (pour 1 euro de mise sur chaque) : +11.3 euros / placé : +3.7 euros)

sur ZE SATAN (gagnant : +46 euros (donc 100%) / placé : +8.8 euros)

. 46 chevaux donnés du 1 au 20 novembre,

sur PMU (gagnant : -11.5 / placé : -10.9)

sur ZE SATAN (gagnant : +6.5 / placé : +3.6)

 

Toujours en épluchant ces données, je m’aperçois que le bénéfice tient sur trois chevaux :

STEPHENSON (15 octobre : 16.2G chez pmu /37.1 ailleurs)

ISSIMD (31 octobre : 13G chez pmu / 17.9)

ENFORCE (3 novembre : 15.6G et 27.7)

Des galopeurs qui plus est, alors que je n’y connais pas grand-chose. Il se trouve que j’avais fait le papier de ces chevaux dans leur course précédente, et que je les avais notés dans un coin de ma tête, parce que leur papier était bon.

 

En fait, si je devais m’en tenir à mon historique, il faudrait que je ne joue qu’au galop (29 chevaux donnés, jeu simple gagnant : +28.2 et placé : +8.7 chez pmu, alors sur ze, je ne vous dis pas).

En trot, j’ai fait –28 gagnant et –15.9 placé chez pmu avec 63 chevaux.

 

Ces statistiques pourraient me foutre les boules car le trot est ma discipline de prédilection. C’est à peu près comme si je découvrais les vertus nutritives de la salade alors que je déteste ça. Le turf est-il affaire d’hygiène interne ? Dois-je flipper au moment d’entamer le meeting d’hiver ?

Grâce à Heisenberg, la réponse est non. Si je suis son principe, il me suffit d’avoir observé l’état quasi-quantique de ma réussite au turf pour aussitôt la foutre à bas.

Normalement, venant de découvrir que je végétais au trot, je devrais en continuant à pronostiquer de la même manière, mettre le dawa dans mon inconscient et me retrouver à gagner dans une discipline où je ne brillais pas particulièrement.

Merci Heisenberg, merci la physique quantique !

 

 

vendredi 17 novembre 2006, a 02:17
IN THE NAME OF LOVE (sex toy, sex turf, turf toy)

  Soyons sérieux une minute. Il y a le tout-venant, les handicaps, les bons à gratter, et puis il y a les belles.  Dont les quatre de la collection automne-hiver, avec leur petit nom commençant par un B comme Belle. C’est un nom qu’on dirait inventées pour elles.

Le Bretagne aura-t-il cette année le goût de banane ou de framboise ? Et le Bourbonnais ? Le Belgique ? Que dis-je, ils auront un goût à nulle autre pareil.

Les profanes, que je vois arriver en masse sur ce site, d’après mes statistiques, en tapant « bon goût » ou « gag : bite de cheval », doivent savoir qu’ici, ça ne rigole pas. Pour mes lecteurs et moi-même, le turf est une activité noble parce qu’elle sent le soufre (eh oui, le turfiste passe toujours pour un blaireau, et vous n’avez pas vu Bernard Hinault porter du Armani) et sous l’odeur de soufre, il y a la classe.

Et cette classe, nous la voyons l’hiver, nous turfistes (c’est-à-dire, hommes libres, comme je le rappelle souvent) dans les critériums pour jeunes, le prix d’Amérique, le prix de France (la revanche sur 2.100 metres), le Paris (le retour sur 4.000), le Cornulier (le championnat du monde au trot monté dans lequel chaque année est couronné le meilleur trotteur français du monde), et les 4B, quatre préparatoires menant à l’Amérique (dont on passe le sas d’entrée par les gains ou en obtenant un certain nombre de points lors des 4B). Donc, si vous voulez, chers profanes, s’il n’y avait pas tout ça, on serait des blaireaux, mais en l’occurrence, non, et vous vous en rendrez compte si ce vendredi vous achetez une gazette hippique, ou mieux, si samedi, vous pouvez vous pointer à Vincennes ou assister à ça sur Equidia.

 

Ce samedi, c’est la première des B : si dans le prix d’Amérique tout le monde part à poteau égal, dans les préparatoires, les tout bon (les plus riches, en tout cas, dans la vraie vie si vous êtes riche, vous n’êtes pas forcément bon (vous êtes souvent fils de riche, en fait, c’est ce qui sépare le plat du trot, et leur public, j’y reviendrai dans un prochain article), mais dans le turf oui, c’est pourquoi le turfiste est souvent rassuré en jouant dans des courses de trot, quelque part au moins dans ce monde, les riches sont épatants, et ils n’ont pas la gueule d’Arnaud Lagardère mais celle de Jag de Bellouet, ce qui n’est pas moins drôle quand on y pense). Hein ? Quoi ? Où en étais-je ?

Ah oui, les tout bons rendent vingt-cinq mètres aux bons, donc, ils ont de la distance à parcourir en plus sur les bons, et aussi, ils ont des problèmes de trafic (y a beaucoup plus de bons que de tout bons), et souvent ils sont pas prêts car ils préparent la course des tout tout bons (l’Amérique) dans deux mois, vous me suivez ?

 

Bref, le Bretagne c’est le moment où tu montes l’escalier, ami profane, c’est le moment où tu penches tes lèvres pour la première fois vers celles, peinturlurées vermilllon, de la promise, où tu vas coucher avec elle pour la toute toute première fois, tu sais que ça sera pas encore super parce que vous aurez un peu peur tous deux, mais bon après, houlala… Le Bretagne, c’est ça, ça veut dire « on y est », dans le pieu avec l’autre, là, celle qui te demande en bafouillant de l’aider à dégrafer son sous-tif. Tu passes ta main en loucedé, oui, ils sont bien là, Jag de Bellouet à gauche, Kesaco Phedo à droite, ils sont pas encore tendus mais tu sens un truc bizarre, faut que t’arrives à pas trop penser à ce qui t’arrives en fait, et ça va le faire, tu te demandes si ton Super Light va se mettre au garde-à-vous, normal, quoi, Light mais en même temps Super. Enfin, Light, tu sais même pas, t’es pas allé traîné dans les écuries, non plus, mais faut que ce soit super, ça, tu le sais.

 

Nous, turfist-fuckers, ça fait neuf mois, depuis le prix de Paris, qu’on a fait abstinence, alors là, faudra pas nous en vouloir mais bon, l’émotion, quoi…

Du coup, le Bretagne a toujours un goût à la fois de rendez-vous raté (les cracks sont pas au top, errare humanum est) et d’exception (ça fait bien plaisir d’être là, avec tout le plateau offert sur balconnet). La vie sexuelle du turfiste correspond en somme à la vie turfiste du sexuel. Les préparatoires pour monter en pression, l’Amérique en apothéose, le France sur 2100 façon parti trop vite trop excité, le Paris quand tu te retiens longtemps (et l’ultime rush dans la lime droite), puis le GNT le reste de l’année, la tendresse quoi, la famille chez qui tu vas rendre visite, jusqu’au retour de flamme, la jalousie (Lhassa est-elle plus belle que moi, m’a dit Amandine quelques minutes avant que je ne lui dise qu’il fallait que je blogue pour les amis, avant de rajouter par ma bouche, tu peux pas comprendre), et c’est reparti.

Keed Tivoli est sur son 31, Lhassa en tenue printemps, Ladakh Jiel a tombé l’imper, Mara Bourbon songe à s’inscrire sur Meetic… Tournez Manège…

 

HypoBreton (tiercé en 7 pour 35 euros) ;

Lhassa, Ladakh Jiel, Keed Tivoli 

Kuza Viva, Super Light, Milia Pierji, Laura d’Amour

 

mercredi 08 novembre 2006, a 03:15
VIVE LE LIBERTY !

  Votre Hypo, chaud sur l’info, vous intime de suivre pendant le meeting qui s’annonce LE LIBERTY, cheval de l’entraînement de Pierre Levesque, et tout particulièrement déferré des quatre. Voici un équidé qui a su réjouir les parieurs il y a quelques mois, avant de connaître une éclipse particulièrement longue, le voici en retard de gains, à nous les beaux quintés d’hiver avec ce Liberty !

Et maintenant, quelque chose de complètement différent.

 

J’ai regardé le débat télévisé opposant les trois postulants au poste de candidat socialiste ; le niveau, les interventions des journalistes font que je ne peux toujours pas me décider. Quand abordera-t-on enfin dans cette campagne les vraies questions que se posent les français ?

Nous attendions la bouche en cœur une parole forte, que M.Fabius par exemple nous annonce que s’il était désigné puis élu, il allait en finir avec le numéro + et le quinté spot, que M.Strauss-Kahn nous donne son sentiment sur les déclassements de Jag dans l’Amérique et l’Elitlopett’, que Mme Royal nous annonce que le Jockey-Club devra à nouveau se courir sur 2.400 mètres, mais non, rien, tout ce qui intéresse les français, tintin.

De manière étonnante, le seul sujet qui importe, de l’extrême-gauche à l’extrême-droite, est celui de la sécurité. Sous toutes ces formes et depuis plusieurs années, ce sujet est omniprésent sans jamais être sublimé par un idéal de liberté.

Lutte contre les dégradations, la violence physique mais aussi verbale ( !?). Développement durable (éco-sécurité). Sécurité de l’emploi. Multiplication des lois et donc des procès (il y a même une loi contre l’insulte à présent, et si vous criez Elitlopett’ lors d’une remise de prix Goncourt, vous pouvez vous prendre une amende pour homophobie). Sécurité routière. Interdiction de fumer. Des marmots chez le pédopsychiatre. Des femmes voilées pour éviter le désir. Lutte anti-dopage. Protection des frontières. Syndrome du plombier polonais.

A un moment, ça va, alors on ouvre la fenêtre et on file à l’hippo ou au bar PMU. Ou bien on ouvre une gazette de turf, et pendant quelques minutes, on quitte ce monde hystéro-sécurisé dont on se demande bien quand il aura la peau des courses de chevaux.

 

Et pourtant.

Nous, turfistes, nous détenons la vérité même si nous puons de la gueule et que nous sommes absents des débats. Car nous faisons partie d’une société libre et sereine. Les hippodromes sont des lieux où on peut jouer, boire, fumer, insulter, bref où on peut faire tout ce qui est présenté comme malsain, et alors quoi, a-t-on vu un lieu plus paisible ? Combien de morts, de blessés, par an sur les champs de courses parmi l’assistance (je ne parle hélas pas de la piste), faisant fi de toutes les mesures de prudence (puisqu’on peut parfois y descendre les 500 derniers mètres sur le pied de 1’09) ?

L’ensemble turfiste, cette société secrète, est bien plus équilibrée que la société globale dont elle n’est qu’une marge. Pourquoi ? Parce que le turfiste est responsable de lui-même, que de lui-même, il est seul à jouer son fric sur une course qu’il choisit, en choisissant le mode de pari qui convient à son libre choix. Le turfiste est un homme seul, épanoui, libre, il emmerde les associations et les organismes de crédits. A chaque réunion à laquelle il décide de participer, il fait acte de liberté, mais seul à chaque fois. Il est même libre de ne pas parier, une fois qu’il est sur place.

 

Le turf est aussi démocratique. Prenez un prix Nobel, un chercheur au CNRS, un plombier, une doctoresse, un lycéen rappeur, un député-maire, un volleyeur, filez-leur un Paris-Courses et demandez-leur de trouver le gagnant de la sixième. Avant le coup, ils ont tous la même chance d’y parvenir.

De plus, le turf est une école d’excellence, qui encourage la persévérance, car il faut boulocher ses pantalons sur les bancs des travées d’hippos avant de commencer à gratter, et c’est aussi un espace d’anticipation, de réflexion et bien entendu d’éloquence (avec tout ce délicieux jargon hippique, visible dans la langue fleurie d’un Coquelicot par exemple).

 

Comme les discours politiques semblent petits face au désordre paisible qui est le nôtre au moment où tintinnabule le carillon annonçant « Départ de la course dans trois minutes ».

Cet hiver, tandis que dehors les élégants se cailleront les miches en rêvant d’un monde Iso 9002, nous, dans l’enceinte de Panam’Vincennes, à quelques mètres de Le Liberty se rendant à la volte, chacun derrière son ticson aluminium, on se dira qu’on va toucher la grâce, toucher ou bien, hein quand même, c’est aussi ça la liberté, se mettre minable. Et alors ?

Alors, tous ensemble, mais seuls, entonnons notre chant du meeting 2007 : « Vive Le Liberty ! »

 

 

 

mardi 07 novembre 2006, a 02:02
LE FACTEUR SUCRE (les pronostics d’Henri Bergson)

 

Si je suis souvent bon pronostiqueur, c’est parce que j’ai étudié la philosophie et en l’occurrence Henri Bergson, que vous pouvez voir à gauche de ce texte posant devant sa pile de "Guides Week-End du Trot" reliés en peau de femme.

 

Après la première guerre mondiale, un journaliste demanda à notre sage s’il était capable de décrire la prochaine avant-garde artistique. Riton rétorqua que c’était impossible, et pour cause, si on pouvait l’imaginer, on la produirait maintenant, pas à l'avenir. Il fallait donc attendre.

Ce que le même Bergson a reformulé ailleurs : « Pour boire son café, il faut bien que le sucre fonde ».

 

Pour boire son café, il faut bien que le sucre fonde.

Mettez dix-huit concurrents derrière l’élastique, il faut bien attendre que 2.000 et quelques mètres soient parcourus, que le poteau soit franchi pour connaître l’arrivée. Les courses de chevaux sont ce spectacle fabuleux où vous voyez fondre un morceau de sucre, et suivant cette fonte, vous allez vous taper un amaretto goûtu ou bien Fanny au bar.

 

D’où l’importance du parcours, donc du départ pour le cheval, et du jockey pour la suite. En attaquant trop tôt, Yutaka Take a fait perdre l’Arc à Deep Impact. Jeudi dernier, Laïcha des Valois s’est retrouvée embarqué en troisième épaisseur par un Pierre Levesque malchanceux, et s’est mise au galop. Pimpante de Thoury est partie comme un fer à repasser et elle a raté son engagement de l’année. Relancez la course, vous obtiendrez un résultat différent.

Le turf est un bœuf, une improvisation jazz.

Les circonstances de course sont harmonies et ruptures.

 

Vous aviez beau faire le plus beau des papiers, vous ne pouviez savoir avant que le sucre fonde que King Prestige danserait le twist en suivant Lana Svelte, ou qu’une Loumana Flor (favorite à 2/1) montrerait déjà des limites au niveau semi-classique. Alors, mes chers lecteurs, mes beaux loulous, me direz-vous, cela vaut-il le coup de faire le papier ? Bien entendu, oui, mais il ne faut pas oublier que le turf est une école de la fatalité, si vous n’avez pas gagné aujourd’hui, consolez-vous, vous perdrez demain.

 

Plus le lot est homogène, plus la fonte du sucre importe. Un handicap de 1.200 mètres par exemple, ça ne sert à rien de parier là-dessus ni même d’y réfléchir, tout va se jouer dans le déroulement de course. Un prix de série sur la petite piste n’est pas sélectif, privilégiez les chevaux réguliers et maniables. Ne lâchez pas un cheval après une contre-performance, s'il a un bon papier, guettez un bon engagement pour que ce gredin vous rende le contenu de vos poches.

 

L’étude du papier, c’est lire les commentaires des précédentes performances des chevaux, déceler ce qui s’est passé dans les précédentes fontes du sucre, voire la gueule de votre tasse avant d’y verser le nectar et essayer d’imaginer à quoi va ressembler la mousse du cappuccino dans la cinquième.

 

lundi 06 novembre 2006, a 03:33
DOUZE BALLES ! Tu le crois ça, mon Père ?

   L’hippophile fût saisi à vif jeudi dernier après le passage de la grille bleue, lors de la réouverture de Vincennes. Lui qui ne fréquentait plus que les élégants du steeple-chase, les haut-de-forme Longchampeux et les bimbos Chantilly, le voici à présent dans l’univers autrement exotique du trot.  

Exotique, oui, car quelque soit les variétés d’idioties qu’on peut rencontrer au quotidien dans son quartier, son entreprise, en s’écoutant parler, celle qu’on rencontre sur les hippodromes de trot est unique.

Si vous n’avez pas le moral et que vous pensez être la dernière des buses, filez vite à Vincennes pour vous requinquer. En moins de dix minutes, vous devriez voir un omniscient défroqué hurler comme possédé par l’esprit de Guy Lux « Douze balles ! » ou « Quinze balles ! » ou « Sept balles ! ». L’homme a le visage réjoui, il est sûr de gagner, il a même gagné avant la course, c’est pour cela qu’il est si joyeux. Après, il se doute que son cheval ne sera pas là, mais il ne veut pas le savoir. Donc il jouit avant et bruyamment, car il n’y aura pas d’accomplissement. Alors il jette un œil au tableau des cotes et se réjouit d’une voix gouailleuse à bon entendeur ; « Et voilà, l’est à douze balles, la bête » ou « Ah, c’est pas vrai, quat’balles », avec la mine du puceau qui s’y connaît.

 

Amusant cela, « la balle », une expression qui a du corps, on dit en effet « Peau de balle » et non « Peau d’euro ». L’euro est une saloperie inventée par la Communauté Européenne pour nuire aux hommes libres, donc aux turfistes. Quand le turfiste pariait 20 francs et qu’il en gagnait 70, il était pas mécontent de sa plus-value. Maintenant, prenez le turfiste qui mise 3 euros pour en toucher 10, il parie direct dans la suivante son billet de 10 plutôt que de rentrer à la maison le montrer à maman, et d’expliquer à sa marmaille qu’il est le roi du monde. C’est ainsi, turfiste ou non, on a l’air plus con avec 7 euros en pièces qu’avec un bifton de 50 balles.

La balle, donc, est toujours en vigueur sur les champs de courses de trot, ou dans les bars pmu. Le ballot aussi, le ballot, c’est le boursicoteur fou qui ne joue pas un cheval mais une cote. Et force est de constater qu’on croise davantage de ballots au trot qu’au galop.

 

Ainsi, ai-je pu entendre un crétin qui avait parié sur Amélie Morisse la soutenir très audiblement d’un sonore et effrayant « Allez, Morisse la pute », puis s’étonner qu’elle n’ait pas gagné la course alors qu’elle était ainsi magnifiquement encouragée. Le type a continué à hurler (il devenait très laid, jusqu’à avoir une face de pet, chose hideuse que je n’aurais osé imaginer) « Ah, la connasse, l’aut’jour a se balade à Cabourg et là, a’l’est pas capab’ de battre un nid de chiens ». Puis reprends : « Bordel. Un nid de chiens. Et voilà. Et là, a’l’est à douze balles. Magouille, magouille et compagnie… Chié ! Pas une, j’en toucherais aujourd’hui… Pas une… La pute de Morisse (et coetera mais j’adoucis)… Je me demande si y a un seul mec qui gagne de l’argent aux courses. » J’aime beaucoup me rendre à Vincennes pour écouter des cons pareils, et les drivers ont un métier difficile.

Si un tel idiot gagnait aux courses, je me mettrais à l’élevage de vaches charolaises ou au tricot point-mousse, or, non, il perd. L’existence est précaire, on peut mourir demain, Dieu n’existe probablement pas, mais la vie est merveilleuse et Dieu existe probablement car on peut prendre le bus gratuit à Vincennes en fin de réunion pour joindre le RER à Joinville-le-Pont.

 

C’est magique, ce bus, vous tentez de revivre, seul ou avec la personne qui vous a accompagné aux courses, les moments forts de l’après-midi, vous chuchotez pour ne pas gêner et conserver votre rêverie quand vos timides filets de voix sont déchirés par des mecs hurlant à l’avant du bus qu’ils ont touché du Locqueneux à neuf balles. Puis ils rajoutent en vociférant à qui mieux-mieux « Et ouais, mon pote ! Neuf balles ! »

Le type qui, le 11 septembre 2001, a appris l’effondrement des deux tours, au beau du milieu du bus de Vincennes, n’a pas dû perdre sa journée.

 

Les hurleurs du bus avaient toutefois raison, il était possible de toucher La Spezia à NEUF BALLES, Joyau d’Urbain cheval de prix d’Amérique exceptionnellement déferré s’est placé à 40/1, Joyeuse d’Or qui se place deux fois sur trois rapporte 9 balles placé (9 balles ! Eh ouais, mon père !), Nolaila est partie aussi surcôtée… Le meeting commence et il y a déjà des affaires à faire. Vincennes a ouvert, les hurleurs sont de la partie, les champions étaient là aussi emmenés par Keed Tivoli, il faisait beau, DJ PMU nous a mis de la musique branchée entre les courses et on pouvait regarder la réunion 2 sur l’écran géant. Bref, l’été indien a démarré jeudi. Les chocolats glacés seront à douze balles.

 

Présentation
Depuis le 18 août et pendant tout le mini-meeting d'été, suivez les aventures du turfiste blogger "Maître Hypo", sa compagne "Honeymoon" et leur petit chien "Balloches" à la piscine Molitor, avec une longue-vue.


En passant, n'hésitez pas à aller jeter un oeil sur le blog de l'excellent Slipman, pour y lire l'article du succulent Bobby !
ça se passe sur leblogduslipman.com

Envoyer un mail à l'auteur
publicité
commentaire(s)
LA THEORIE DU LITRE DE GAZOLE Ranger94 (03/11/2009 13:21)

Germond rendez les b...

LA THEORIE DU LITRE DE GAZOLE Ranger94 (23/10/2009 23:28)

Salutations au Maitr...

LA THEORIE DU LITRE DE GAZOLE hypo (17/10/2009 11:42)

0.5/2, ce n'est...

LA THEORIE DU LITRE DE GAZOLE Ranger94 (16/10/2009 17:35)

C'est vrai que ...

LA THEORIE DU LITRE DE GAZOLE hypo (16/10/2009 12:13)

Merci de veiller à l...

Newsletter

Pour vous inscrire à la newsletter de ce blog renseignez votre adresse mail :


mes catégories
Champs d'honneur (6)
Langue pendue (6)
Hypo sur la ville (5)
Peintre et modèles (1)
Articles précédents
Liste des articles
calendrier
«novembre 2006»
LunMarMerJeuVenSamDim
01 02 03 04 05
06 07 08 09 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30
archives
2009-10 (2)
2009-09 (3)
2009-08 (4)
2009-02 (1)
2009-01 (5)
2008-12 (2)
2008-02 (2)
2008-01 (3)
2007-12 (3)
2007-10 (5)
2007-09 (5)
2007-06 (8)
2007-03 (2)
2007-02 (3)
2007-01 (6)
2006-12 (5)
2006-11 (5)
2006-10 (17)
Mes autres blogs préférés
twist collonges
Radio balances
Faire le papier en 1926
Le blog du singe vert !
Jour de Galop
elivagar, l'oeil de lynx
slipman joue sa chemise
Parier, c'est Donner
Galop de Course
Le blog du galop
D'autres blogs sur monGenie
SOLIBLOG
Flash Blog
QUESTIONS POSEES
Jusqu'ici tout va bien !!
VIETNAM : MON PAYS NATAL
Best Of

L'argent des courses
Visites depuis

Le début du mois : 303

Le mois dernier : 1342

L'ouverture du blog : 104151



** ** © Learnorama 2006 - conditions générales - développé par Learnorama et Kernix - Contact - Nouveautés blog