| mardi 30 janvier 2007, a 02:39 |
| ET MON « PLACE AUX JEUNES », C’EST DU POULET ? |
Au fond, si j’ai touché le trio et cgp de l’Amérique, et si j’ai fini la réunion au resto de Vincennes à boire du champagne et du whisky en caressant les fesses des serveuses tout en pariant à coup de 100 euros, c’est la faute à l’habitude.
Vos journaux écrivent qu’une nouvelle génération arrive, incarnée par One du Rib et Offshore Dream, vos journaux écrivent n’importe quoi et dans mon journal extime, j’écris ici que le même fleuve coule toujours.
Le Cornulier a été gagné par Joël Hallais qui l’avait gagné dix-mille fois, dans le prix d’Amérique il fallait jouer Bazire et Levesque. Autant le dire, les amis, la Révolution est en marche !
Le Prix d’Amérique met en compétition non les 18 meilleurs chevaux (cette farce !), mais les 17 plus riches et 1 djeunz avec une tête de gagnant de Critérium Continental.
Qu’avaient à faire les vénérables Ludo de Castelle, Jalba du Pont ou Loumana Flor dans cette course ? La branlée qu’a collée Offshore Dream aux vieux bourges qui commençaient à nous pomper le jonc à force de se regarder fondre la madeleine dans la tasse de thé (je reprends mon souffle, oh, et puis non, je finis ma phrase dans la parenthèse). Cette rouste, cette envolée superbe, nous permet de nous interroger. Le prix d’Amérique n’aurait-il pas eu plus de gueule avec Exploit Caf, Oiseau de Feux, My Love Lady, Triton Sund, Riva Del Sole, Neutron du Cébé, Notre Haufor, Nouba du Saptel, Faliero AS, Pearl Queen, Prince d’Espace, et nos meilleurs tontons ?
A la place, on a eu pas mal d’ancêtres malheureusement pas au top en raison d’un programme trop exigeant (les 25 mètres de rendement) et paradoxalement anti-vieux (c’est-à-dire que les chevaux ne retrouvent pas un moral de gagneur quand on leur fait comprendre en trois courses que c’est super de faire un bout de ligne droite pour échouer cinq ou six).
Qui sont les types qui conçoivent de pareils programmes au Cheval Français ? Des vieux pleins aux as ! Des Bélinguo !
Les vieux friqués ont le pouvoir et nous ont infligés quatre préparatoires mortifères heureusement réanimés par la fougue du jeune Niky. Sacrés vieux barbons ! Elle est belle, leur Amérique, les seize croûtons les plus friqués de France + un qualifié aux points (Niky, probablement épuisé et pas defP le jour J) + un jeune qui a gagné au numéro plus du critérium continental.
Pourquoi ce nom, Prix d’Amérique ?
En Amérique, on confie plutôt facilement des responsabilités à quelqu’un de jeune, on lui donne sa chance et puis on avise, mais on tente le coup. En France, il faut tout un tas de relations ou de filières, d’études, pour y accéder et dans la majeure partie des cas, on reste où on est, les bourgeois se perpétuent, se refilant les bonnes places de père en fils. En France, on vit tous au SMIC et on revend ses cadeaux de Noël sur E-Bay. En France, on ne croit plus aux vertus simples des jeux à rendement modeste (le tiercé en désuétude), on est tellement accablé qu’on ne fait pas confiance à nos propres forces (le simple, le couplé, le trio, le papier bordel !), on se prosterne devant une tirelire de merde et des spots à la con, on ne croit plus en soi (c’est quasi-impossible dans un système pareil), alors on prie le hasard. En France, les riches courent l’Amérique en buvant des coquetels sans alcool, organisent des tirages au sort pour adopter de temps en temps un smicard parmi eux (euromillions, quinté+, jeux télés) et basta. En France, on fait si bien les choses entre vieux bourges qu’on fait croire que l’opposition politique, c’est un vieux bourge (l’octogénaire millionnaire de Saint-Cloud) ET SA FILLE (oui, sa fille, c’est-à-dire l’héritière, des bourges quoi). En France, on arrête de fumer et de braver la mort, le pain et les jeux suffiront. Enfin, le pain, ça dépend, la baguette est devenue degueulasse, alors nous, accablés, on achète des Baguépi à 1 euro 20. Pas le choix, on se fait acculer.
Donc, pour une fois, dans le prix d’Amérique, c’est un jeune à qui on a fait confiance (donc, à l’américaine) qui produisit l’étalage de classe réglementaire (Pierre Levesque aurait pu tenter de réparer Lhassa, après tout). De plus, il finit devant un futur grand de Vincennes, Franck Nivard. Et la pendule Bazire. C’est pas sorcier, les courses !
L’argent va à l’argent. Bazire et Levesque sont les meilleurs drivers, ils sont aussi les meilleurs préparateurs (avec Souloy, d’ailleurs Kool du Caux était def4 pour la première fois le jour J, Kazire defP idem), ils sont si brillants qu’ils sont remarquablement entourés, leurs écuries respectives sont ainsi les plus performantes, et les plus fortunées probablement.
Rien de neuf là-dedans depuis que le monde est monde. « Place aux jeunes », mort de rire. Place aux riches. Mais aussi, et sinon on ne s’intéresserait pas aux courses, place aux meilleurs, tant ces deux-là écrasent tout car ce sont aussi les plus rusés sur un sulky.
Allez, les amis, on y croit, la roue tourne, l’avenir est à nous ! Déchirons nos spots, transformons au fil des courses nos p’tits tickets de JMB, Levesque, Duvaldestin et Nivard en matraque, puis matraquons.
Vivent les courses, le sport hippique, et aux chiottes les vieux bourges, qu’ils se contorsionnent jusqu’à s’en pisser à la raie ! A bas les friqués, debout les freaks ! Jouons au plus fin, nous gagnerons. L’élégance, c’est nous, pas les quintés du lundi, les réunions deux, les tirelires et les peintres en sulky.
Et pour reprendre le nom du cheval le plus malheureux de ce dimanche (enfermé à la corde, il n’a pas couru) qui est aussi notre hymne du cœur : Vive le Liberty ! |
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| lundi 22 janvier 2007, a 02:53 |
| SONGE D'UNE NUIT D'HIVER |
Endormi sur un matelas où le pognon remplace la plume, je pénètre la forêt amazonienne. Curieusement, j’y croise pas mal de hibous perchés ainsi que des singes qui portent sous l’épaule des laitues ; une voix m’appelle, je pénètre un campement de fortune.
C’est la voix du vieux sage Raoni, l’indien qui portait un range-CD en guise d’appareil dentaire.
Je m’assois près de lui, sur une chaise qu’il a bricolée lui-même avec en guise de barreaux, des canettes de cola ficelées, et quelques numéros du journal Detective pour faire dossier, et lui tint à peu près ce langage (dans mon rêve, je parle indien):
« Raoni, je me sens une vieille chose, la chair est triste et j’ai d’jà vu pas mal de trucs, Le Liberty a effectué sa résurrection et va remettre ça le 28, Mirage a gagné le GNT, Pearl Queen a été défaite après s’être imposée dans la belle, je me suis acheté une cuisine équipée avec Mothe de Lou, mon blog est suivi par des lecteurs épatants et je ne sais plus orthographier le mot laule. J’ai plus d’argent et d’émotions qu’il ne m’en faut. Que me reste-t-il à vivre cet hiver, mon bon ? » A l’écoute de mes mots prétentieux, Raoni éclate de rire et sa bouche-mange CD fait mouvement afin de me répondre, mais, à la place de parler, il postillonne et voici alors qu’un CD sort de sa gueule en mange-disques pour aller m’érafler le visage.
Je sens que je saigne un peu. Je me baisse pour ramasser le crachat du gourou, c’est un disque de Jöe Dassin, un CD Single, « L’Amérique ». Je ramasse le CD et m’observe dans le reflet à la recherche de quelque impression de vérité. Il m’a fait une belle balafre, ce con.
Alors, oui, L’Amérique, très bien. Mais a-t-on vu spectacle plus grotesque que les quelques préparatoires auxquelles nous avons assisté ? On a voulu voir Venise et on a vu Vesoul. On n’y voit goutte.
Et là, j’ose la question lèse-majesté : pourquoi un tel foin ?
L’intérêt pour l’Amérique, sans une structure tragique au préalable (type : tous contre Jag), n’est-il pas amoindri ? Surtout après le spectacle infernal (4 quintés+) des différentes préparatoires, où les favoris ne se sont guère distingués…
L’hyper-médiatisation des 4B s’inscrit au fond dans la lignée de la Star Academy ou des making-of : au lieu de polir discrètement les chevaux pour la gloire, et de les montrer alors sous leur plus beau jour, on les a vus et revus (à cause du cirque médiatique dû au quinté+) aller aux chiottes, traîner dans la salle de bains, fumer la pipe. De sorte que même impecs pour le D-Day, il nous faudra oublier que Lady d’Auvrecy a filé ses bas, que Kazire de Guez dort en survêtement ou que Mara Bourbon tient un skyblog. Je ne suis pas du tout certain que si l’un de ces trois-là gagne la grande épreuve, il apparaisse comme un grand champion pour le turfiste lambda ou la turfiste lambada, qui les aura vus lambiner dans des quinté plus.
Quant à Jag de Bellouet, j’ai cru rêver quand j’ai vu Mathieu Abrivard lancer le poing en franchissant la ligne, heureux, en direction des supporters, alors que le cheval finissait cinquième du Cornulier après avoir été sollicité dans la ligne droite (et que Gallier avait osé l’annoncer def4). Jag m’a fait alors penser à Richard Virenque, revenu après un scandale de dopage, et dont la cote d’amour demeurait intacte auprès des français quand bien même il ne gagnerait plus qu’un Paris-Tours.
Il y a décidément du Tour de France dans cet Amérique 2007, c’est l’après-Armstrong, un Tour de petite tenue, tout le monde se regarde, personne ne prend l’initiative, tout n’est que bluff, on attend le dernier contre-la-montre pour sortir les couteaux. Les champions restent au chaud ; leurs ombres se présentent à la pointeuse.
En conséquence, et là mon côté Poupou parle, j’ai beaucoup plus de sympathie pour ceux qui se présenteront la veille dans le Luxembourg (Laura d’Amour, My Love Lady et Triton Sund, voir Nouba) et qui ont mouillé le maillot, jouant de malheurs ou de réussites, que pour les cabochards rupins qui se la jouent à l’américaine (ah, la course de Mara dans le Cornulier, si elle gagne dimanche, je me passionne pour les courses d’apprentis).
Pour le sport, il serait bon qu’un Super Light l’emporte le jour J car il est l’un des rares trotteurs à ne jamais jouer au jeu du chat et de la souris. Quant aux préparatoires, la note fût évidemment Niky mais le pauvre a dû y laisser des plumes, aussi je retiens Ladakh Jiel, toujours là, pas encore def4, et confié au fougueux Jos.
Je dois dire que j’aime bien ces deux-là, Ladakh et Super (et Kool du caux), et que les voir gagner me donnerait la pêche, l’espoir de croire que la beauté et le travail sont après tout des valeurs efficaces. On peut rêver.
C’est alors que Raoni me confirme que je rêve effectivement. Laule.
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| mercredi 17 janvier 2007, a 04:11 |
| LE SULKY A DIRECTION ASSISTEE |
Ce blog étant lu par la crème de la presse hippique, le gratin des professionnels et le coulis de framboise des aficionados du turf en général, je m’en voudrais de crier « haro sur » et ainsi de désigner comme « baudets » quelques pilotes sur lesquels s’abattrait ma colère parce qu’on est jeudi.
Procédant par antinomie, j’aurai ainsi beau jeu de caresser dans le sens du poil quelques drivers exquis, pour éviter de griffer ceux que dans le jargon méprisant, on surnomme les « cochers de fiacre ».
Et puis, cracher son venin, c’est l’ordinaire des orvets.
Alors, tentons de rester dignes sur pattes.
Ceci posé, je vais néanmoins y aller franco. Me consacrant principalement au jeu simple, je réalise qu’à chance égale, un cheval (Kundun, par exemple) drivé par Franck Nivard n’aura tout simplement pas le même parcours que le même confié à Mlle. Johanna Lindqvist.
Puis je rêve en imaginant ce que Milord Drill ferait si Jean-Pierre Viel prenait son téléphone pour appeler un cash-driver au lieu du 3223 afin de choper les tuyaux de Bazire.
La drive est une démonstration de classe. Voir les feintes et passements de jambes de Levesque et Bazire un régal d’esthète. Il n’est guère étonnant que ces deux-là partent à des cotes donnant de l’ampleur au mot rikiki. On ne voit pas trop sur qui d’autre les gros parieurs pourraient se reposer. Leur palpitant monterait à 230 s’ils investissaient leurs baraques sur les fantasques Piton, Vercruysse, Verbeeck ou Dreux, malgrè toutes les qualités qu’on peut leur reconnaître, la constance n’est pas d’icelles.
Les cons, ça ose tout, dit-on, peut-être est-ce pourquoi si peu de drivers tentent des choses. Par peur de passer pour des andouilles, ils se tiennent à carreaux. Tristos.
Autre possibilité. Il existe une loi du milieu.
Jean-Michel Bazire, depuis son fameux « Déconne pas, Christophe ! », a été dévoilé comme le parrain du peloton. Ce qui expliquerait le fait que depuis que Gallier ne contrôle plus Jag, celui-ci retrouve régulièrement sa bagnole avec les pneus crevés.
D’après mes sources, Pierre Levesque, avec sa tête de professeur au collège de France, gagne autant de courses car les autres drivers le laissent filer, en échange il rédigerait les devoirs de maths de la marmaille Piton, des gosses d’Alain Laurent.
Jean-Pierre Dubois prête de temps en temps son coupé sport à Louis Baudron en échange de bons et loyaux services (de forme).
Franck Nivard, au beau visage d’informaticien débrouillard, a installé une versions crackée de Windows XP sur l’ordi de Pierre Vercruysse.
En 1992, Thierry Duvaldestin a prêté un peigne à Christian Bigeon.
C’est peut-être ça, les courses, aussi. Une trentaine de collègues de bureau qui taffent tous à Vincennes, se toisent et rivalisent, s’accordent et se désaccordent, se la jouent perso ou collectif.
Le trot attelé est une affaire de bonhommes. Au monté, il n’y a pas ce truc de combats de coqs qu’on éprouve parfois en regardant un 2100 autostart. Déjà, sans les sulkys, on ne visualise pas inconsciemment nos héros faisant les beaux au volant de voitures de sport.
La masculinité peut même parfois être un sérieux désavantage, quand il s’agit de prendre le dos d’un cheval monté par une cavalière aux hanches parfaitement dessinées.
Miss Goetz, Mam'zelle Morisse, Fantine Avoine ou Nathalie Henry n’ont pas ce genre de problèmes, d’où peut-être la main-mise des femmes sur le trot monté (ça, et le poids léger, et le talent surtout). Tout Grosbois connaît l’histoire de cet homme, jockey monté star dans les années 80, qui dût, pour lutter contre les filles, recourir à la castration dans le but estimable de continuer d’exercer son métier. Au Cornulier, on risque de bien se marrer.
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| vendredi 05 janvier 2007, a 01:15 |
| CE QU'ON SE DIT A BEAUVAIS, PARFOIS, A 17 HEURES |
Elle se dit qu’elle aurait dû mettre le bleu, que le bleu ça va bien avec le jaune, alors que rouge et jaune ça jure. Il pense Sapristi, pourquoi n’ai-je pas allongé en trio ? C’est vrai, quoi, qu’est-ce qu’ils vont penser les garçons en voyant la fille, là, avec une chemise rouge et un pantalon jaune. N’importe quoi, il voit que trois chevaux dans la course, 3, 8 et 15 et il les joue en jj (en cgp quoi, en couplé gagnant-placé, je veux dire, quoi, à cheval mais trois chevaux), enfin, bon, elle a beau dire elle refera pas le monde.
La vérité, c’est qu’elle s’est pointée au café pas tirée à quatre épingles, pour attendre les garçons, elle a commandé un galopin et le garçon savait pas (un demi ? Mais non pas un demi, quoi, savez pas ce que c’est un galopin, m’enfin, c’est quoi c’t’affaire ? Une pinte ? Non, un galopin ! Un demi-demi quoi mais dans un verre adéquat). Ah, d’accord, avait répondu le garçon de café, et il lui avait ramené un quart.
2.20 rapportait le couplé placé 3-8, ceux avec le 15 payaient bien car personne ne jouait Gilbert Martens. Il aurait dû faire le trio, y avait que trois chevaux dans la course, lui le savait mais personne ne le savait à part lui, même Gilbert Martens l’ignorait puisqu’il a répondu à sa descente de sulky au voltigeur à catogan d’Equidia : « Troisième, ouais, c’est pas mal. Ce matin, j’ai lu dans l’horoscope chinois, bonne journée pour les gars du signe du buffle. Et moi, Gilbert, bah, j’suis Buffle. » 61/1, son 15. Son Buffle. Et il n’avait pas fait le trio. Quel âne.
Elle était au café et les garçons, y z’arrivaient toujours pas, en plus elle n’osait pas boire le quart de rouge que le barman lui avait servi ; par crainte que le tanin ne s’incruste aux babines, on sait jamais, si les mecs y se pointaient quand même, ils pourraient la prendre pour une saoûlarde, vu qu’ils la connaissaient pas trop.
Il était au café courses et les filles, elles viendraient jamais, fallait pas rêver, y avait la nana au guichet en décoll’baque, mais elle était maquée à Didier-Loup, le patron du Bar des Aminches, et puis de toute façon elle ne lui plaisait pas. Lui, il était là pour les canassons et les bières et les copains, alors il ouvre sa bouche et il dit : « Une autre ».
Alors, il tourne la tête et il voit une fille. Une autre. Elle.
Elle se demande si elle s’est pas trompée de café. C’est pour ça que les garçons, y viennent pas. C’est pas le bon café. Merde, la conne.
C’est quoi, cette jolie fille attifée avec une chemise rouge et un pantalon jaune qui boit un galopin dans un bar où on écoute du Gilbert Martens ? Il se dit ça. Il se dit qu’un mec comme lui, même pas capable d’allonger 1euro50 pour jouer en trio les trois chevaux de la course, saura jamais trouver les mots pour lui dire qu’elle lui plaît, la fille là-bas.
Elle fait le point, ses doigts tapotant la table en formica : « Bon, je finis mon quart de Gamay et puis j’y vais… Pouah, ça arrache. »
Alors, là, voilà ce que je vais faire, se dit le garçon : « Je me lève, je file à la caisse voir la meuf à Didier-Loup, j’empoche mon pognon et je regagne ma place, en marchant je recompte mes bifs devant la fille en jaune et rouge, mais discretos, genre j’ai l’habitude de palper aux courses, et je fais tomber apparemment par inadvertance un billet de cinquante et comme ça, elle va me dire : « Excusez-moi, vous avez perdu un billet d’argent » et puis après, on cause, pour la remercier je lui repaye un ballon de pif, tout ça. Héhé, pas mal ; la technique. Ce qui est important dans les histoires, c’est bien soigner le début, comme ça y a des histoires, sinon y a que de la littérature. »
La fille se lève, elle range son paquet de Marlboro Light dans sa poche et en sortant du café, manque de se heurter à un turfiste en blazer qui vient de se faire un bon petit paquet de billets, le veinard. Le veinard, il est pas si veinard, il a perdu un billet, elle se penche pour le ramasser, cinquante euros en plus.
Dans un coin du café, un pochetron qui picolait en jouant son RMI sur des handicaps à Compiègne, ne perd pas une miette de la vision de cette posture troublante de fille et crie, fort mais pour rigoler, mais fort : « Bouge pas, j’arrive ! ».
La fille en casaque rouge et jaune se retourne, minois humilié, sans saisir le billet car elle n’a pas osé se pencher davantage, la faute à l’oral affront du piqueton.
Le veinard bafouille : « Euh, c’est rien, c’est Gilbert, le mufle. »
La fille ne reprend pas, change de conversation : « Vous avez perdu un billet… »
Gilbert le pochetron crie alors : « T’as gagné un ticket. »
La fille, elle, et bah elle se marre.
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| mercredi 03 janvier 2007, a 03:37 |
| CHEVAL, VOS PAPIERS ! |
En ce début d'année où la prudence nous conseille de nous tourner vers les planètes et les astrogogues pour savoir de quoi demain sera fait, il n'est toujours pas interdit de faire ses pronostics au filigne.
Dans le même mouvement, en faisant un pas de côté, s'extrayant ainsi des sollicitations marchandes, on peut se taper un bon moment de poésie à la bonne franquette en suivant du regard une feuille turfiste.
Faire le papier, c'est aussi lire un livre, des mots, du sens, de la poésie.
Personnellement, je considère que le nom d'un cheval pèse son poids dans la balance, au moment d'opter pour tel ou tel, aux courtines.
Entre deux chevaux aux chances quasi-identiques, un "Supreme Flonflon" et un "Broubrou des branbrans", j'aurai toujours tendance inconsciemment à choisir le premier.
Mais je m'aperçois qu'aucun éleveur ou proprio n'appelle son trotteur ou sa trotteuse "Paupiette de Poulet", la plupart des chevaux portent de jolis noms. Un cheval, c'est du rêve. Alors on les baptise de noms tels que "Prince d'Espace", "Oseille du Lupin" ou "Noblesse de Bootz", qui renvoient à une aristocratie, au plaisir, au luxe.
Ceci vaut pour le trot, milieu bien plus populaire que le galop : les Rotschild et les Abdullah ont tellement de pognon qu'ils se tireraient la honte devant leurs potes si les blases de leurs poulains trahissaient un quelconque désir d'argent. En conséquence de quoi, les galopeurs portent des noms opaques (à part "Rail Link", rail et ligne faisant carrément référence à la prise de cocaïne, la drogue des nababs !), ou des noms évaporés (Pride, Monsun, Montjeu, Kauto Star, Cyrlight, Didier Derlich).
Il y a des exceptions, Princesse d'Anjou porte un nom de trotteuse. Cyrlight de galopeur. Quant au parieur fana de trot égaré à Auteuil à la mi-mars, il aura tendance à parier sur Kotkijet car ce nom lui rappelle les coquillettes.
Les entraîneurs de galop portent le pied-de-poule (Fabre), ceux de trot des pulls en plumes de poules (Daniel Delaroche, par exemple). Chaillé-Chaillé est l'exception l'exception.
Et puis la fatalité de donner à son cheval un nom commençant par le millésime de l'année (les demi-sang nés en 2007 s'appelleront T quelque chose), et puis l'allure physique (demi-sang foutraque contre pur-sang impec'), et puis les tronches des pilotes à l'arrivée (les drivers rappellent la tradition ouvrière, ils ont les gueules noires, de mâchefer)... tout ceci fait que bien évidemment le trot est fondamentalement une activité populaire.
De sorte que faire le papier d'une course de trot, c'est se retrouver dans un environnement à la Madame Bovary, semelles dans la boue et tête aux étoiles (La cinquième de Pontchateau, cet après-m' : "Kristal d'Urzy", "Joyeuse d'Or", "Mage du Bourg", "Laxiste", "Kiss me du Coglais") ; tandis qu'étudier un prix de galop nous emmène dans un univers horizontal, où l'extraordinaire est présent ici-bas, dans un univers de cinéma fantastique haut de gamme (La cinquième de Deauville : "Fix", "Mercury Star", "Electric Caress", "Attention", "El Chirqui").
Aussi, mon conseil solennel du jour (et résolution 2007) sera le suivant :
Parents qui me lisez, professeurs des écoles, jeunes filles au pair, donnez le goût de la littérature aux jeunes enfants et développez leur imagination, enseignez-leur le B-A-BA avec un paris-turf. Amen. Dans la sixième. |
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| mardi 02 janvier 2007, a 02:13 |
| Exclusif ! Le nom du vainqueur de l'Amérique 2007 ! |
| En l’absence de Jag de Bellouet, et au vu des résultats des courses de ce dimanche, je me dis que le vainqueur du prix d’Amérique pourrait fort bien être… Kaprice d’Ecajeul !
Plus sérieusement, nous sommes vraiment dans le flou, aussi, à un mois du jour J, je mettrai de côté les chances françaises pour booker… Triton Sund (ici, en photographie, accompagné de végétariens célèbres), qui n’avait pu participer à la grande épreuve l’an dernier faute de gains, mais qui cette année sera là, et en pleine forme !
Pour le prix de France, j’annonce Nouba du Saptel (gagnante du Luxembourg la semaine précédente, bon, d'accord le France elle aura pas les gains, donc Kesaco Phedo) et pour le Paris, Jardy comme d’hab’ (ou Mirage du Goutier, mais il fumera sans doute la pipe au haras à cette époque).
Mais ne plaçons pas la charrue avant les bœufs, et commençons cette année par la présentation de mes vœux à mes charmants lecteurs ! |
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| Présentation |  Depuis le 18 août et pendant tout le mini-meeting d'été, suivez les aventures du turfiste blogger "Maître Hypo", sa compagne "Honeymoon" et leur petit chien "Balloches" à la piscine Molitor, avec une longue-vue.
En passant, n'hésitez pas à aller jeter un oeil sur le blog de l'excellent Slipman, pour y lire l'article du succulent Bobby !
ça se passe sur leblogduslipman.com
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