| mercredi 17 octobre 2007, a 21:33 |
| TROP COOL ! |
Chers turfistes,
Vous vous demandez de quel maelström est sortie la mouche qui m’a piqué ces derniers temps, et avez songé à contacter mon hébergeur pour qu’il m’envoie une bonne camisole. J’ai même reçu par courriel la recette du tilleul-Xanax. Rien d’inquiétant, les mecs. Je regardais flippé nos dernières arrivées et j'en restais collé à mon fauteuil Everstyl, oubliant de descendre au bartabac acheter des allumettes avant la fermeture, alors il fallait que j’aille juste loin, très loin, chercher du feu sacré afin de rallumer ma clope.
Maintenant, je fume la pipe, et on repart tranquillou jusqu’au prix d’Amerique que gagnera Levesque, au France que Nouba fera sien, et au Paris, gagné par Mirage du Goutier à 99/1.
Et si autre chose se passe, très bien, place à la vie ;)
Je reviens de loin, mais je suis revenu. Et tiens, je suis même allé dimanche dernier à Auteuil. Vous le savez, je vais chercher dans les courses des métaphores de l’existence. Et si soudain, le monde me paraissait hideux et les courses leur reflet dès lors qu’O’Brian aligne 4 champions pour gagner l’Arc avec la vulgarité d’un Besson qui sort Taxi 4 dans 900 salles, histoire qu’il n’y ait aucune salle disponible pour les petits films inventifs, et bien le mano a mano Or Noir de Somoza/Princesse d’Anjou m’a soufflé et m’a redonné l’envie de retourner bosser.
Voici deux chevaux phénix, cramés, brisés sur les terrifiants obstacles de steeple d’Auteuil (faut aller à Auteuil pour assister au steeple depuis le troisième étage de l’hippo, pour les courses de haies on peut regarder Equidia) qui se sont recomposés tel Lionel Jospin reparti au combat en 2002 après avoir mordu la poussière en 1997. Une lutte absolument soufflante, au couteau entre les dents, et sans perdant, ce qui est très beau. Or Noir gagne, certes, mais la légende s’est inscrite là. Noblesse du sport ; Passion du ham.
Auparavant, je me trouvais au rond de présentation et j’avais trouvé Don Lino tout à fait touchant. Il avait l’œil de Dustin Hoffman dans Le Lauréat. Un petit gamin éploré devant une grande dame. J’ai joué sur lui et aussi sur Othermix, dont le physique, la robe sont proprement étonnantes. Il ne ressemble à rien, et ça me plaît.
Ils ont couru n’importe comment mais bon, depuis Prince d’Espace, Authorized, et tous les favos faux bond de ces dernières semaines, on voit bien que le turf galope cul par-dessus tête, un peu plus tard Mid Dancer invaincu en quatorze courses, se faisait toiser par le modeste Malikhan. Les courses me semblent manquer un peu d’architecture et de logique ces derniers temps. Un Remember Rose rafle tout au printemps puis s’écroule à l’automne comme un flan trop peu cuit. Alors je fais un pas de côté en attendant de retrouver petit à petit l’envie de danser quand la musique se fera davantage entraînante.
En repartant de l’hippodrome, j’ai marché le long de la Seine jusqu’à la Tour Eiffel. J’ai repensé à Or Noir et à la Princesse, et aussi à Yann Porzier, et à cuisiner des champignons, et le vent frais soufflait, vivifiant. L’hiver, enfin. Vincennes, Grosbois, le Cornulier, les préparatoires, les critériums… Je piaffe dans mon box, plein d’espoir !
Ne vous étonnez pas de me voir moins en ce moment, je travaille à de bons projets, et puis je suis là pour chanter les exploits des champions, les espoirs des parieurs. Dès que les courses reprennent leur sarabande céleste, vous me reverrez sortir du bois avec mon bouquet de fleurs en main et ma mandoline. Tant que des Mid Dancer ou des Prince d’Espace sont incapables d’être là le jour J, je préfère me retirer et m’abreuver à d’autres sources d’eau de nuage, l’argent reste dans ma poche, je parie des miettes et mange la baguette. Les textes sur les arrivées improbables, je les ai déjà écrits avec mon poème et mon roman-feuilleton, et je n'ai pas envie d'inventer une nouvelle forme, de la beauté, de la cuisse, du champion et de la noblesse et j'accours.
A très vite, j’espère !
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| vendredi 12 octobre 2007, a 06:41 |
| NEXT PLAYER, SHOOT AGAIN (shoot the cops) |
Mon amour,
Je décrocherais pour toi la lune du quinté plus,
Favos en astrakan
Tocards en okapi
J'inhalerai l'Opium et jouerai Desert Plus
et puis Savaflickan
en report par demi
Je claquerai les biftons et même en zecouillon.
Pour découvrir tes poils,
j'adulerais Jean de Roualle
Je me mettrai à dos éremistes et clodos
et piquerai leur pognon
Qu'ils se grattent les moignons !
J'éluderais mes principes pour enlever tes nippes
Je flamb'rais ma chemise
Puis on se f'ra la bise
Car je suis prêt à tout, pour retrouver la foi
Même à mourir debout
Je le crie sur les toits
Tu jures par O'Brian que tu abhorres l'Espagne
Call me ton "doux bichon"
Et je joue la maison
Je ne sais, es-tu femme, ou bien es-tu cheval ?
Licorne, tu me crames
Moi, chien, je bouffe du Pal
C'est le démon du jeu, qui me confine au rut,
je feuillette "Belles et Buttes"
vers la réunion deux
Non, tu n'es pas une pouf, tu me prends pour un ouf,
car j'attends la rentrée
de Mirage du Goutier
Mon calepin s'enrichit de vertiges interdits
Je kiffe Le Liberty,
défaille post-Ourasi
Le turf est mon dada, il est ma libido
J'ai aimé Konstantia
Son trot m'a donné chaud
La vie est un traquenard et le juge aux allures
A retenu ma figure
C'est un beau salopard
Je suis perdu pour l'homme mais aussi pour les connes
Tu saisis ma démence
Quand vient le prix de France
Je suis le dernier joueur car j'ai joué ma vie,
J'ai même joué mon fils,
il me reste Cofidis
Tu m'aimes comme une dingue, car je n'suis pas Bélingue
Car j'écris sur le turf,
Avec un style tout neuf
Parce que je représente, tous les tontons et tantes
Qui sont devenus veufs
Faute d'un regard neuf
Nous nous lovons c'est bien, comme de nouveaux chrétiens
priant sur le sofa
la Saptel faite Nouba
Nous rêverons d'Offshore Dream, formerons une dream team
de nos rêves de gloire
sans jouer Michel Lenoir
Nous enchaînerons les rimes, puis pioncerons comme loirs
Nous placerons nos espoirs
Sur des bourrins intimes
Tu dis à tes copines : Hypo est désespoir
Il a une seule combine :
Parier/Payer, pour voir
Il paye de sa personne, et moi je suis bien sotte
au lieu de jouer Zélote
de me la jouer nonne.
Mais je crois au sublime, au rachat des pêcheurs
Et mon gel douche intime
lui chante : suis Noble Coeur
Hypo est un turfiste, comme d'autres sur la liste
Qui attendent Grosbois
En jurant bon sang d'bois :
"Voici l'avenir en A, immense comme l'abîme ! "
et ils montent sur les cimes
défiant Mobalpa...
... et puis Mondial Moquette, et tous les vers de terre,
Qui vous voient aux abois
Et vous laissent pis que pendre.
Ici s'invente une langue, suave comme une mangue
De celles qui changent les noix
En coquilles molles et tendres,
Ouvertes sur le monde, libérant la faconde ;
Nos mots exsudent la foi
car ils n'ont rien à vendre...
... Que le plaisir de jouer, sa vie et ses euros
Sur des chevaux de bois
Tel que Bernard de Croix
... Que la joie de parier, son vit et son banjo
Pour des clampins clopeux
Sur des clopin-clopants
Les courses sont la joie, et les hommes l'agi
Existence fantaisie,
Moi, j'ai parié sur toi !
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| lundi 08 octobre 2007, a 16:30 |
| T'AS VOULU VOIR VENISE ET ON A VU VESOUL |
Ce blog a un an. Musette et hautbois, cotillons et fanfreluches, jarretelles et quatrains, muscat et embruns. L'an dernier, nous séchions les pleurs des nippones déçues par leur demi-dieu demi-cheval avec le pan de notre chemise à jabots. Cette année, nous nous dirigeons vers l'hiver avec l'impression que l'orchestre continue à jouer pendant que le Titanic s'immerge, mais ce n'est même pas le Titanic, plutôt une croisière Pascal Sevran.
La victoire de Dylan Thomas dans l'Arc a un goût de banane. On s'attendait à une cuvée majeure, Authorized premium, on a un petit cru de foire aux vins dans un hyper perdu sur une zone industrielle. La Française des Jeux a-t-elle gagné l'Arc ? O'Brian devait croire dur comme fer aux chances de ses champions Dylan Thomas et Soldier of Fortune pour inscrire en plus deux chevaux de jeu, mais la chance a compté, Authorized a tiré le numéro le plus à l'extérieur à la corde et s'est retrouvé piégé, en raison du grand train mené devant. Le parcours compte même au plus haut niveau, Kesaco Phedo a peut-être aussi perdu le dernier prix de France en raison de son 9 à l'autostart. Mais revenons à ce que nous avons vus, Kieren Fallon envoyant dans les cordes Zambezi Sun et Soldier Of fortune sans être sanctionné, un petit arrangement chasse celui du grand prix de Paris, les grandes maisons sont lustrées et le personnel touche le SMIC.
Est-ce afin de ne pas être l'homme du jour que dans la suivante, Fallon n'a pas sollicité franchement Yeats? Fallon est un grand bonhomme, O'Brien un habile metteur au point autant qu'un bon stratège, mais tous ceux qui aiment les courses car ils se sentent emmenés avec elles au sommet du mont Fujiyama, ont eu l'impression en cette fin de dimanche d'être chaussés de semelles de plomb.
Un malheur n'arrive jamais seul, et l'idéologie de l'argent roi fait feu de tout bois ces derniers temps tout en remuant ses bagouzes. L'homme libre, le turfiste, a un seul grand ennemi : la masse. Le pari mutuel, c'est jouer contre les autres, s'extraire de la mélasse en marchant droit dans ses bottes. La deuxième place de Youmzain (toujours battu de 4 longueurs par Dylan Thomas auparavant), Authorized limite pour une course D à Compiègne, Yeats en promenade à 1/10, à quoi bon se saper en milord pour assister au tirage du Kéno ?
Je voyais hier le premier ministre télécommandé François Fillon remettre une assiette dorée aux lauréats, et j'avais l'impression de me revoir à 5 ans jouer avec une figure Playmobil et une pièce de cinquante centimes. Applaudir une journée comme hier, c'est croire en 1788 que la royauté en a encore pour 250 ans.
La grâce, en extrapolant, on l'aura vue chez la revêche Mandesha qui a refusé d'aller au bout quand Soumi l'a sollicitée, laissant Fallon se ridiculiser en gagnant un Arc devant un dauphin de paille.
Mandesha, j'aurais une pensée pour toi samedi prochain tandis que les habitants d'ici communieront dans leurs nouvelles valeurs, car les français n'aiment pas le rugby, ils aiment la régression, ils aiment se couvrir la gueule de trois couleurs, porter des perruques débiles, encourager l'équipe de Bernard Laporte, l'ancien magnat des casinos qui tapine aujourd'hui pour les jambons Madrange, ils aiment Chabal car comme lui ils ne veulent plus de discours, ils aiment Michalak depuis que sa gueule est floquée sur des hamburgers et qu'ils peuvent déféquer du champion, ils aiment sur TF1 les plans de coupe sur leur président analphabète après un essai marqué en leur faveur, ils aiment les Néo-Zélandais quand ils font haka car les coutumes c'est super. Quand on leur demande d'ailleurs quelle est la coutume qui reliait les français, ils cherchent quelques longues secondes puis répondent avec un air ébahi le fait de regarder Benny Hill le dimanche à 20h10.
Comme toi, Mandesha refusant de faire ce qu'on t'ordonne de faire, je n'ouvrirai pas mon poste samedi prochain, j'emmerde la Française des Jeux et je ne peux cautionner une équipe qui n'a aucune stratégie, qui change de face à chaque rencontre et qui n'est que le bras désarmé de la propagande pour une vulgarité sans frontières.
Bravo au Royaume-Uni pour dimanche, puissez-vous nous plumer encore samedi !
Homme libre, toujours, tu parieras contre la masse. |
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| samedi 06 octobre 2007, a 20:33 |
| DES CHIFFRES ET DES LETTRES DE GUY MOQUÊT (Feuilleton, 57 eme épisode) |
Résumé des épisodes précédents : Ailton, ancien cheval de groupe, se présente dans un réclamer avec l'idée de se refaire la cerise. Jean-Pierre Dubois, quant à lui, amoureux, délaisse ses champions Quatre Juillet et Infinitif depuis qu'il s'est amouraché d'une Lady, propriétaire du cheval Que je t'aime. Il veut lui déclarer sa flamme un vendredi soir à Vincennes, après avoir fait gagner son cheval. Kevin et Dorothée, de leur côté, s'apprêtent à faire une surprise à leur père, Michel Bernoulle, ils se rendent à H&M pour lui acheter une chemise.
Episode 57 : Le fil du rasoir.
Ailton piaffait de colère au retour. Un quart d'heure plus tôt, l'entraîneur Baltromeï avait jugé bon de lire à Dominique Boeuf la lettre de Guy Moquêt au lieu de lui donner des consignes précises. Juché sur la selle d'Ailton, Domi avait alors été saisi d'une crise de tétanie au moment où le cheval s'apprêtait à donner sa pleine mesure. Sentant que Boeuf risquait la chute, Ailton trop bon avait dû se contenter de finir la course au pas de chasse. Au final, il finissait avant-dernier du réclamer.
C'était la honte pour cet ancien cheval de groupe. Ailton se croyait arrivé au fond du trou, mais il découvrait que même au fond du puits, il y avait encore moyen de creuser.
Pour Jean-Pierre Dubois, ce n'était guère mieux. Il n'avait réussi à étancher la soif de gagner de Jean-Michel Bazire. Son Que je t'aime avait dû subir la loi de Querido des Baux bazirisé. En observant la mine contrite de Lady O'Reilly au sortir de la deuxième, Jean-Pierre comprit in petto que lors de la nuit qui s'annonçait, il pourrait se la mettre sous le bras. Il appela le George V pour annuler la réservation de la suite "Bellino II", il regagna son ranch et demanda à sa gouvernante, Menda, de lui réchauffer deux croque-Dodu.
Si pour Ailton, c'était la totalité de l'existence qui semblait une impasse, JP quant à lui arrivait dans la dernière partie d'une vie immense, quasi-parfaite, mais deux éléments menaçaient cette perfection : son petit-fils se faisait piquer régulièrement pour dopage, ce qui pourrait mettre en péril la raison des succès de son élévage ; et Que je t'Aime ne parvenait toujours pas à en gagner une dès lors qu'il se mettait à son sulky. Les deux personnages, Ailton et JP, étaient intranquilles. Jean-Pierre se rêvait Jardy, au sommet du plus jeune au bel âge, Ailton se fantasmait Jordi, il avait goûté aux délices du star-system adolescent, sans recul, et n'était plus capable de rien, arrivé dans la force de l'âge.
S'inscrire sur Meetic n'avait rien donné pour Ailton, personne ne l'avait réclamé. Il était largué. Le langage SMS pratiqué sur les "tchats" lui était un sabir ignoble. Son avenir lui paraissait incertain. Allongé sur son lit superposé, il fumait des Gauloises Blondes en imaginant la tête qu'il aurait en se laissant passer la moustache. Puis il prit un cahier Clairefontaine à la première page duquel il traça une ligne verticale afin de limiter deux colonnes, dans la première il marquerait ses qualités, dans la seconde ses défauts. Si la seconde se remplît assez aisément, dans la première il ne put qu'écrire qu'il avait un talent certain pour réaliser deux colonnes d'égale distance sans l'aide d'une règle. Après s'être creusé la tête, il réalisa qu'il touchait aussi un peu sa bille dans l'art de cuisiner la poîtrine de porc. Cela lui faisait deux bons points. Il n'était cependant pas certain que ces dons particuliers suffiraient à retenir l'attention d'un employeur quelconque.
L'expert de la commission européenne débarqua subitement au début du cinquième paragraphe. Personne ne l'avait vu venir. Sa présence semblait toujours incongrue, il s'en accomodait très bien, l'expert de la commission européenne était en effet habitué à faire des passages éclairs autant qu'inopinés, à exercer des contrôles surprise, c'était sa profession. Sa hiérarchie l'avait par exemple catapulté samedi en Bosnie-Herzégovine puis lundi dernier à Enghien afin d'établir un rapport sur la régularité des courses françaises. De même que Jean-Pierre Dubois s'était retrouvé la semaine dernière au Canada, aux Etats-Unis, en France et en Italie pour y faire gagner des champions (à l'exception de Que je t'aime), l'expert parcourait la mappemonde pour dresser des procès-verbaux. Depuis combien de temps n'avait-il pas vu sa femme ? Passé avec elle une soirée ? Certes, la dernière fois qu'il s'était retrouvé à ses côtés, la phrase célèbre "Aimer, c'est regarder à deux dans la même direction" lui était revenue à l'esprit, mais c'est parce qu'ils regardaient un épisode des "Cordier juge et flic".
Arrivé au terme de la cinquième course, après avoir assisté à la défaite de Mandarino Blue et Romain Derieux, bouleversé par ce qu'il avait vu, l'expert quitta en hâte l'hippodrome d'Enghien-les-Bains direction Strasbourg, paniqué à l'idée que sa femme le trompe avec un turfiste. Il chopa un TGV Paris-Strasbourg et rédigea dans un wagon de première classe un rapport sans rapport avec la mission que lui avait confiée sa direction. Griffonnées dans l'urgence, les pattes de mouche seraient publiées la semaine prochaine sur un obscur blog édité chez Mongenie. Un sentiment d'oppression naquit en lui. Assis sur la banquette, lui faisant face, il avait comme l'impression d'avoir comme voyageur non pas un homme, mais un cheval, affublé d'une fausse moustache. Déraisonnait-il ? Prenant son courage à deux mains, il adressa la parole à son vis-à-vis, le voyageur lui répondit qu'il avait décidé de lâcher son job pour tenter de refaire sa vie dans le milieu de la Flammenkuëche.
Ailton, Jean-Pierre Dubois et l'expert de la commission européenne, destabilisés, espéraient que le week-end qui s'approchait leur apporterait des certitudes tangibles. C'était le week-end de l'Arc. Hélàs, le premier samedi, l'ancien leader de Manduro, Toylsome, s'était octroyé un groupe I à 50/1. Tous trois décidèrent sans se concerter qu'il fallait voir ici un signe de la diversité du vivant, que jamais rien n'était perdu, et qu'après tout, tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir.
Quant à Michel Bernoulle, habitant Dreux, "tant qu'il y a de la vie, y a de l'espoir" était sa maxime favorite avec "On a beau dire, on a beau faire...", ce bon vivant jouait aux courses avec gourmandise, il n'était pas rare de le voir finir une réunion cul-nu à force de flamber sur Anthony Cardine, il avait joué sa chemise sur Toylsome, il en avait à présent 50 et songeait à en revendre quelques unes sur E-Bay, histoire de se payer un pantalon. En rentrant chez lui, ses enfants lui firent la surprise de lui offrir une chemise.
A (ne pas) SUIVRE... |
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| jeudi 04 octobre 2007, a 10:04 |
| Je m'voyais déjà... |
Après m'être connecté à "Mongenie", j'ai observé machinalement sur la page de droite de mon hébergeur de blog, les dernières mises à jour. En l'occurrence, un blog d'un ronchon nommé "Baisse du chômage" et un blog d'un patachon, "Passion Chats", je clique sur un troisième "Mes favoris", je m'attends à tomber sur le bestof Internet Explorer d'un généreux, las, le dernier article édité commence comme suit : LISER DES MAILS ET PARTICIPER VOUS ETES REMUNERER.
Ces dernières semaines, les pensées morbides font florès en mon ciboulot, le monde des chevaux me semble bien plus riche que la farce que perpétuent mes contemporains, et j'ai davantage de plaisir à traîner sur geny.com, même sans jouer par la suite, qu'à faire le con dans le monde comme il va. Les courses offrent une version sublimée, transposée et mise à distance, des joies et misères du fait de vivre en communauté. Faire le papier et tomber sur une évidence m'en apprend plus sur la nature humaine que la fréquentation d'un directeur des ressources vivantes ou d'un paraplégique ou d'un odieux cumulard (comme par exemple un directeur paraplégique des ressources vivantes).
Déprimé, je me suis liquéfié par les yeux tout à l'heure en tombant sur le profil d'« Ailton », vendredi dans la cinquième à Saint-Cloud. Quel destin que celui de ce cheval, voici un petit mec qui à l'orée de sa carrière (sa deuxième rencontre avec un hippodrome) a mis trois longueurs dans la vue d'« Ilie Nastase », dans le prix du Lude, et une et demie à « Earth Planet ». Quand vous commencez une carrière par ringardiser Nastase et par foutre une longueur et demie à la Planete Terre, vous avez la hargne, vous avez 21 ans, votre pseudo MSN c'est "Rastignac2000" et vous allez gagner Flushing Meadow l'an prochain, c'est couru.
A la course suivante, Ailton est donc inscrit dans un groupe III l'explicite "Prix des condés" mais il doit y subir la loi de « Midnight Beauty », les noms parlent d'eux-mêmes, si j'étais peintre, je reproduirais sur toile cette performance en la titrant "Allégorie de la jeunesse communiste révolutionnaire ne pouvant rentrer en boîte pour cause de tenue correcte exigée ".
Pauvre Ailton, il se voyait déjà en haut de l'affiche, flirtant avec le gratin, et s’est découvert une allergie à la cocaïne.
Le voici, revanchard, et il part à l'assaut d'un groupe I, le critérium de Saint-Cloud (le 12/11/06), sur son auguste dos, il fait grimper Victoire. Mais il finit aux choux, son envie toute personnelle de réussir s'étant métamorphosée en une très banale "rage de vaincre". Avant-dernier. Il a 26 ans, c'est déjà l'âge de la retraite pour les tennismen. Dans la rue, les enfants l'appellent Santoroooo et rient méchamment de lui en affichant des chiffons rouges en guise de muleta. C'est la déglingue. Il se met à la bière tiède et se fait réchauffer des raviolis au micro-ondes. Il a oublié le goût des arômes et saveurs, le matin, il mange à lui seul une boîte familiale de 1,2 kilos. Il demande de l’argent à ses parents pour payer son quotidien, à 26 ans il n'attend plus rien de la vie que quelques toasts au tarama le jeudi, et le droit de regarder les documentaires animaliers de la cinquième chaîne.
Ses quelques amis tentent de le bouger de sa mélancolie. On lui propose d'aller danser, une fois il accepte, or, ses pas sont gauches, il préfère faire canapé au moment du slow (le 29 janvier, il a fait 5/8 à Cagnes sur Mer). Allez quoi, Jeff, t'es pas tout seul, tiens, mets ton costume, on va aller au bal. Vous m'emmerdez, leur répond Ailton. Et voilà son père qui s'y met, son père c'est « Fly To The Stars », il lui passe un coup de bigo. Bouge ton cul ou j'te coupe les vivres, assisté va, lui dit cash son père, un homme de droite qui ne supporte pas les fainéants, vu qu'il a hérité de son propre daron, un bosseur.
Ailton ne veut pas froisser son Fly de père, il accepte la bonne place que son géniteur lui a trouvé au sein de son entreprise (il devra checker des listings), sans heurts, il y accumule donc les bonnes places au niveau listed. Mais la gagne, nenni et ses rêves de panache, de groupe I de s'évanouir, et il réalise que tout ce qu'il laissera à ses enfants, c'est une collection de VHS consacrée au Zébu et à la Zibeline quand il avait magnétoscopé sur la 5 une saison de la série documentaire "Z comme Z'Animaux". Il s'endort au travail. On le déclasse, fini les pince-fesses du comité d’administration. De toute façon, il n'était pas fait pour le grand-monde, il considère sa lignée, l'un de ses parents s'appelle « Aznavour » mais c'est sa mère. Ailton, de toute façon, c'est un prénom de sous-marque. C’est Elton à la mode Leader Price, un peu comme dans les magasins Netto où on trouve des boîtes de maquereau « Captain Couque ». Chienne de vie.
Voici Ailton comme répudié. Transféré au service archives de sa boîte (une course B), il s'y montre incapable (5eme sur 6). Le voilà névrosé plein-pot. Il est viré. Ses parents ne lui répondent plus au téléphone. Il doit quitter Paris. A présent, il vit dans un 12metres carrés à Paimpol, au premier étage d'un lit superposé dont il loue le rez-de-chaussée à Flora, la prostituée de la rue des Chartreux, qui y fait leur affaire aux marins de passage.
A trop entendre ahâner les mousses, il se dit bordel, ressaisis-toi Ailton, t'as que 28 balais, il s'inscrit alors sur Meetic pour changer d'air, rencontrer une Réunionnaise ou un pirate qui l'emmènera visiter l'Earth Planet qu'il méprisait autrefois. Et c'est ainsi que vendredi, il se présentera au départ d'une course à réclamer.
Voilà à peu près le type de rêveries auquel je me livre en feuillant mon turf… La semaine prochaine, je vous raconterai comment Jean-Pierre Dubois n’a conservé dans ses boxes que le cheval nommé « Que je t’aime », propriété de Lady O’Reilly, qu’il prépare depuis six mois pour la course de demain soir (R3. 202), afin de le faire enfin gagner et de dévoiler ses sentiments à la dame par ce subterfuge. Ca fait quatre mois qu’il la fait mariner à ne pas gagner, la dame se demande pourquoi Jean-Pierre s’est séparé de « Quatre Juillet » et a gardé au box son petit Que je t’Aime, m’aimerait-il se demande-t-elle anxieuse, demain, les deux seront dans l’angoisse et à 65 ans c’est encore plus beau, croyez-moi, ça sent le geste romanesque, la victoire et le palot avant le début de la troisième. Dites-le avec des chevaux.
>> Vendredi. R1. 503 Ailton. R3. 202 Que je t’aime.
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