Equidia ne fait pas partie de la TNT, il faut alors bien l'écrire : Equidia n'est pas une chaîne de merde.
Quel être humain ne donnerait pas immédiatement fin à ses jours s'il avait le choix entre un revolver chargé et la promesse de vivre enfermé dans une pièce où la seule compagnie serait un téléviseur branché sur RTL9, DIRECT8 ou NRJ12 ? Ces chaînes ne sont pas faits pour les êtres humains, qui sont de raison et de passion, seuls les ficus peuvent s'épanouir face à ces dégénerescences.
Cécile Belin, ex direct8, a brisé ses chaînes et vient depuis lundi s'épanouir dans le monde de l'art, de la sueur et du mollard, le nôtre. Elle vient s'insérer tel un "memento mori" en bas, tout en bas, de l'histoire qu'écrivent hommes et chevaux, et aussi en plein milieu de la retransmission du "quinté" sur France 3.
Voilà le tableau.
Vous êtes confortablement installé devant votre téloche, prêt à suivre une retransmission sportive, et tout d'un coup, on pénétre la quatrième dimension, une faille spatio-temporelle lézarde le service public, voilà votre programme passionnant interrompu par une femme fardée félicitant Marc Lavoine d'être numéro un des ventes.
Les courses ont une image vulgaire, mais où est la vulgarité ?
Dans les foulées de Sea the Stars, chez les parieurs cirrhosés, ou dans ce souci bilalianesque de faire peuple, comme si le peuple en avait quelque chose à foutre que Marc Lavoine soit numéro un des ventes ?
Ce qui intéresserait éventuellement le peuple, c'est qu'il fasse des bons disques, et encore ce n'est pas forcément le bon moment. Bilalian doit se dire que la ménagère va craquer et zapper si à un moment dans le programme, on ne lui dit pas qu'il faut vénerer le mec qui s'en fout un max dans les poches.
Parce qu'en fait, le Bilalian, il a pas dû voir un prolo ou un turfiste depuis des plombes, il doit même avoir un peu honte quand son domestique lui ramène sa nourriture de chez Fauchon dans des sacs en papier Monoprix Gourmet. Par contre ce qui l'intéresse, je suppute, c'est que le peuple vénère les grands-bourgeois, les rappers à caillasse de Nrj12 ou les liftings des gonzes de Direct8.
Le dossier d'Equidia, ça devait bien présenter sur la table de la TNT quand même, relié en poil d'Al Capone II... au début, avec les Wildenstein et le Cheik Maktoum, ça claque... et puis quand au fur et à mesure des pages, on a commencé à voir apparaître des "Beaumont-de-Lomagne" et des "mise de base : 1,50 euros", les mecs ont commencé à suer si fort qu'ils devaient avoir l'impression de se faire enculer par leur slip.
Alors ils ont refilé le bébé à France 3, et depuis lundi, les masques tombent.
Le quinté, qui n'est qu'une escroquerie prospérant sur la misère, révèle son essence bouffonne. La philosophie des handicaps, donner à chaque concurrent la même chance, ne cache plus du tout son affinité avec celle de la loterie nationale. L'idée sous-marine qu'il ne sert plus de compter sur son propre travail, d'inventer son destin, nous est servie sur un plateau (cf. les incessants rappels à la tirelire).
Et le meilleur, c'est que tout cela est irrésistiblement drôle, comme la bêtise peut être drôle, et donc aussi souvent la vie, cette idiote.
Ainsi la présentatrice demandait hier à Marc Lavoine s'il avait validé un ticket, et Marc Lavoine de répondre "le 1" (à 89/1, soit dit en passant on aurait aimé savoir pourquoi car Marc avait l'air heureux d'être à Vincennes, et de s'y connaître un peu), ce à quoi la Belette lui fit : "ah oui, c'est vrai qu'il y a une belle tirelire aujourd'hui".
(un instant s'il vous plait, j'interromps l'écriture de cet article particulièrement atrabilaire pour demander à Honeymoon si elle n'a pas vu les clefs de l'Alfa Roméo, je reviens tout de suite).
J'apprécie Philippe Allaire mais j'ai éclaté de rire en l'entendant samedi interrompre le commentaire de la course (un grotesque prix de série précédant le prix de l'Etoile) par Olivier Thomas pour donner cette information cruciale aux six millions de turfistes occasionnels : "Je suis désolé mais j'ai peur que le cheval de Marc Lavoine ne se soit montré fautif".
Olivier Thomas, José Coves et Vincent Lahalle font au mieux pour mettre en valeur le côté sportif, mais dès que, et sans crier gare, la miss intervient, l'absurde panneau "départ" apparaît, ou bien ils prononcent le mot tirelire, les téléspectateurs avisés se gondolent en pensant à Stacelita. Parler de l'aspect sportif à propos des quintés (alors que les handicaps demeurent des divertissements utiles à la filière), s'apparente à vanter des produits Discount au chaland avant, une fois ôté le déguisement de camelot, d'aller s'empiffrer de caviar grand lusque.
La vie, en général, ça se passe pas mal, jusqu'à ce qu'à un moment inattendu, vous perdiez votre fils ou votre jambe dans un accident. Cette assertion faisant foi, nous conviendrons alors que la retransmission du quinté à la télévision est devenu un phénomène vivant.
La première fois que j'ai enlevé le soutien-gorge noir satin d'Honeymoon, j'ai été impressionné (comme on impressionne une pellicule cinématographique) par les quatre grains de beauté formant constellation autour de son téton gauche, bizarrerie d'autant plus sibylline que le sens de mon regard se portait spontanément vers son sein droit, mais se trouvait contrarié par une perversité m'appelant à remater l'autre et à tenter d'englober des yeux les quatre points cardinaux de ma future boussole faite femme réunis en un seul globe.
Evidemment, je vous parle d'autant plus aisément de la morphologie de ma copine de cheval qu'elle n'a aucune connaissance de l'existence de ce blog. A vrai dire, je ne peux imaginer comment elle pourrait être au courant que je narre mes hauts et ses bas, et découvrir notre site - amis lecteurs - à moins de taper le nom de son chien sur "google".
Mes statistiques observent en effet que les lecteurs viennent de plus en plus nombreux via le moteur google. Je profite de la tribune que m'offre "mongenie" pour saluer ainsi cet homme de Tourcoing qui tapa "balloches winner" vendredi dernier, ou cet autre, domicilié en Australie (si si) qu'une requête "olga gros tuyau" amena sur mon article consacré cet hiver à la gagnante du prix d'été. La stat' indique qu'il est resté trente secondes sur ma page mais ne précise pas s'il a fait son affaire.
Pour en revenir aux grains de beauté d'Honeymoon, il y a que la nuit dernière j'étais pris d'insomnie et je la contemplais, et je ne voyais aucune raison pour que son dos soit moins agréable s'il appartenait à une autre personne qu'elle. Je veux dire qu'elle pourrait être moins drôle et vive qu'elle aurait toujours des omoplates de bombasse. Et même un autre type que moi pourrait le regarder, ce dos, qu'il n'en resterait pas moins magnifique, il serait toujours lui aussi délicatement piqueté de beau en granules, et le mec pourrait être un salaud juste un peu rigolo. Je me suis levé pour prendre un verre de Pulco. Balloches regardait dans le salon la redif nocturne des courses sur Equidia en fumant un spliff.
Je me suis assis à ses côtés et j'ai tapé son bédo (ou je l'ai roulé avant, puis lui ai filé, c'est pas très clair, il était fort en tout cas), c'était la redif de vendredi. Quolt des Obeaux, muni d'oeillères de killer prend un départ volant avec Renault. Il laisse passer le meilleur dos, celui de Bazire, mais JMB a vu l'aisance de Quolt et laisse passer une demi-chance, puis aussitôt, et génialement, déboîte pour repasser devant, enfermant Quolt derrière le tocard.
Du grand art. Jean-Miche m'a encore foutu les foies sur ce coup-là. Le génie, il est là, dans ce geste. J'ai suivi la suite de la course, et vu combien Quolt des obeaux n'avait jamais eu le passage, toujours dans la boite, il finit huit ou neuf, sans avoir produit aucun effort, sauf pour se placer à l'orée du parcours.
Je me suis allongé à côté d'Honeymoon, toujours sur un flanc, et l'ai regardé respirer. L'angoisse montait, je me voyais à présent tel un Quolt dans le dos de la miche, croyant avoir choisi le parcours parfait mais mon amour était si grand (comme celui que je peux nourrir pour le spectacle hippique), mon parcours si impeccable, que je n'étais plus maître de mon destin. Qui sait si Honeymoon n'allait pas laisser passer un autre que moi, me délaisser bientôt pour un tocard genre un spoteur fortuné ou un cador plus marrant que moi, je me retrouverai peut-être dans cinq ans, cinq mois, cinq jours, dans le dos de Mimie Mathy, ou dans celui d'un type qui pointe à l'anpe.
Honeymoon s'est retourné en même temps que quatre points cardinaux, et m'a demandé : "tu ne dors point ?" (elle a appris le français dans Molière). Non, j'ai bredouillé, je suis nerveux.
"What are you thinking about ?", je n'ai pas voulu lui faire partager mon trouble, je lui ai dit que j'étais super triste pour Quolt des Obeaux. Elle s'est retournée, excédée, et s'est recouvert la tête avec son oreiller en plume d'oie, comme si elle en avait sa claque de mes histoires. Je me demande si j'ai pas un peu déconné. Il faut que je lui change les idées, elle commence à en avoir marre de me savoir à Vincennes.
Faut que je trouve un truc, sinon je sens que je suis bon pour Mimie Mathy. Demain, je l'emmène à Craon.
Allons, comment pourrais-je en vouloir à nos beaux diables de drivers d'avoir lâché la bride le jour J ? Un critérium, c'est important, celui-là en particulier puisqu'ensuite adieu veaux vaches groupe 1 pour la plupart des concurrents... alors les mecs envoient, rien à redire. Dans les vestiaires, avant un Crit', ça balance sur le shooter vodka-kiwi, on en a la certitude à présent. Le critérium, par tradition c'est du stock-car, souvenons-nous de Pearl Queen renversée, de la lutte Qualita/Quido dont Quaro sortit vainqueur... et aujourd'hui du brouillard émerge... émerge... hein, non ? Impossib'...
Jean-Philippe Dubois.
On le croyait avoir débuté une nouvelle carrière de Mister Plage à Saint-Nazaire, mais il est de retour. Increvable. Voilà le beau diable de retour sur scène, après avoir abattu le joker Moulin (pris depuis par la patrouille, et pas plus tard que la veille du succès de Queen). Jean-Phi le maudit, le rincé, celui qui paye pour la tablée... Le vilain petit canard. Gagnant avec celle-là même qui avait marqué son retour sur la cendrée avec la tête de vainqueur : Queen's Glory, la bombasse, la fusée, la reine de la piste. Ah, cette expression de colère infinie quand elle a giclé, j'ai rarement vu ça, Offshore Dream avait la même bouille de Hulk remonté en remportant ses Amériques.
Rien qu'à ça, on sait que cette Queen's Glory ne sera pas un feu de paille. Qu'on va devenir ses sujets. De même qu'on va bouffer du Jean-Phi, vu que toute l'écurie fait le tour depuis huit mois, sortez les biftons les mecs, avec les bonnes jumelles la montante ne passera jamais l'écart 2. Suffit d'observer les yeux du pilote et de noter la circonférence des poches de Pokerface au deuxième heat, si elles dépassent des lunettes fumées on peut y aller.
Et allez, on envoye, on envoie chez les books, on envoie sur zeturf, pmu, unibet, betclic, betfair, turfez, william hill, et puis on se réveille, on a envoyé pas mal quand même tandis qu'on dormait (magnifiquement ?), tandis qu'on était possédé.
Bernard Piton se demande pourquoi avoir envoyé si tôt le Quid, et obligé Qualmio à forcer ; Thierry Duvaldestin se demande si en bossant avec Bernard Piton, le beau gosse et le sanguin, ça leur donnerait pas des airs de héros de fiction pour France 3 ou pour AB1 (Holmes & Yoyo, Turner & Hooch, Duve & Pit'), Jean-Michel se demande si on l'a vu sauter dans le Gers à l'élastique, Séverine a les yeux rouges mais c'est fini Séverine, tu l'as passée ta ligne droite, la pression va retomber et tu vas pouvoir travailler peinard avec Quopeck, ou le refiler à Levesque c'est toi qui vois, Pierre Levesque se demande si c'est d'un ticket-pari validé sur Queen's Glory que Qwerty a eu peur, etc. Tous se réveillent, et moi-même je me demande pourquoi je n'ai pas joué Queen's Glory aussi (j'encourageais Qwerty), alors qu'il était évident qu'avec 18 au même poteau sur 3000, un finisseur allait toiser les éreintés.
Je me demande qui est ce type qui a pris possession de moi, ce samedi, ce double, cet autre, qui prend ma place parfois et joue comme une buse, tandis que l'autre, donc le premier, enfin moi, quoi... parie toujours sur le meilleur cheval de la course (et ensuite, qu'importe s'il gagne ou non, car une fois sur deux le parcours a raison de la raison, sic)... il faut bien raconter qu'après avoir loupé la Queen, j'ai mis quelques euros sur Magnificent Rodney, Ulf Nordin à 76/1, envolés, of course.
Le jour J s'était transformé pour ma bourse en jour ci-gît, et c'était pareil pour les laminés du crit'... moi je sifflotais, saoul comme un troufion en permission chez Régine, entouré d'amis, c'était la fête du slip, les autres, je sais pas où ils sont, le gars du Quisling d'Anjou a dû quand même se noyer dans le Cabernet.
Ce jour 6J, je ne sais pas si c'est moi qui ai perdu pas mal (bon, rien de vital mais quand même, enfin ça me fait un beau souvenir) ou cet autre, ce double, ce foufou qui a cru que Christopher Nicole et le Sublime ne faisaient qu'un corps, ce doppleganger, ce Horla qui aurait mieux fait de percer le secret de ma science hippique, au lieu de découvrir mon code de carte bleue.
Aux courses, le flegme est l'ennemi du rire, c'est triste mais c'est ainsi. Et ce n'est pas Jean-Philippe Dubois, qui a claqué la moitié de l'alloc' de Queen au loto sportif, en se murgeant au bar-loto de Joinville le Pont après la course, qui me contredira.
Nouveauté, "J'ai vu défiler..." accueille pour la saison 4 un nouveau chroniqueur, l'épatant SAM SPADE DU RIB, alors soyez gentils d'arborer une tenue décente en lisant ses papiers.