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Ce blog a un an. Musette et hautbois, cotillons et fanfreluches, jarretelles et quatrains, muscat et embruns. L'an dernier, nous séchions les pleurs des nippones déçues par leur demi-dieu demi-cheval avec le pan de notre chemise à jabots. Cette année, nous nous dirigeons vers l'hiver avec l'impression que l'orchestre continue à jouer pendant que le Titanic s'immerge, mais ce n'est même pas le Titanic, plutôt une croisière Pascal Sevran.
La victoire de Dylan Thomas dans l'Arc a un goût de banane. On s'attendait à une cuvée majeure, Authorized premium, on a un petit cru de foire aux vins dans un hyper perdu sur une zone industrielle. La Française des Jeux a-t-elle gagné l'Arc ? O'Brian devait croire dur comme fer aux chances de ses champions Dylan Thomas et Soldier of Fortune pour inscrire en plus deux chevaux de jeu, mais la chance a compté, Authorized a tiré le numéro le plus à l'extérieur à la corde et s'est retrouvé piégé, en raison du grand train mené devant. Le parcours compte même au plus haut niveau, Kesaco Phedo a peut-être aussi perdu le dernier prix de France en raison de son 9 à l'autostart. Mais revenons à ce que nous avons vus, Kieren Fallon envoyant dans les cordes Zambezi Sun et Soldier Of fortune sans être sanctionné, un petit arrangement chasse celui du grand prix de Paris, les grandes maisons sont lustrées et le personnel touche le SMIC.
Est-ce afin de ne pas être l'homme du jour que dans la suivante, Fallon n'a pas sollicité franchement Yeats? Fallon est un grand bonhomme, O'Brien un habile metteur au point autant qu'un bon stratège, mais tous ceux qui aiment les courses car ils se sentent emmenés avec elles au sommet du mont Fujiyama, ont eu l'impression en cette fin de dimanche d'être chaussés de semelles de plomb.
Un malheur n'arrive jamais seul, et l'idéologie de l'argent roi fait feu de tout bois ces derniers temps tout en remuant ses bagouzes. L'homme libre, le turfiste, a un seul grand ennemi : la masse. Le pari mutuel, c'est jouer contre les autres, s'extraire de la mélasse en marchant droit dans ses bottes. La deuxième place de Youmzain (toujours battu de 4 longueurs par Dylan Thomas auparavant), Authorized limite pour une course D à Compiègne, Yeats en promenade à 1/10, à quoi bon se saper en milord pour assister au tirage du Kéno ?
Je voyais hier le premier ministre télécommandé François Fillon remettre une assiette dorée aux lauréats, et j'avais l'impression de me revoir à 5 ans jouer avec une figure Playmobil et une pièce de cinquante centimes. Applaudir une journée comme hier, c'est croire en 1788 que la royauté en a encore pour 250 ans.
La grâce, en extrapolant, on l'aura vue chez la revêche Mandesha qui a refusé d'aller au bout quand Soumi l'a sollicitée, laissant Fallon se ridiculiser en gagnant un Arc devant un dauphin de paille.
Mandesha, j'aurais une pensée pour toi samedi prochain tandis que les habitants d'ici communieront dans leurs nouvelles valeurs, car les français n'aiment pas le rugby, ils aiment la régression, ils aiment se couvrir la gueule de trois couleurs, porter des perruques débiles, encourager l'équipe de Bernard Laporte, l'ancien magnat des casinos qui tapine aujourd'hui pour les jambons Madrange, ils aiment Chabal car comme lui ils ne veulent plus de discours, ils aiment Michalak depuis que sa gueule est floquée sur des hamburgers et qu'ils peuvent déféquer du champion, ils aiment sur TF1 les plans de coupe sur leur président analphabète après un essai marqué en leur faveur, ils aiment les Néo-Zélandais quand ils font haka car les coutumes c'est super. Quand on leur demande d'ailleurs quelle est la coutume qui reliait les français, ils cherchent quelques longues secondes puis répondent avec un air ébahi le fait de regarder Benny Hill le dimanche à 20h10.
Comme toi, Mandesha refusant de faire ce qu'on t'ordonne de faire, je n'ouvrirai pas mon poste samedi prochain, j'emmerde la Française des Jeux et je ne peux cautionner une équipe qui n'a aucune stratégie, qui change de face à chaque rencontre et qui n'est que le bras désarmé de la propagande pour une vulgarité sans frontières.
Bravo au Royaume-Uni pour dimanche, puissez-vous nous plumer encore samedi !
Homme libre, toujours, tu parieras contre la masse. |