
A fond la caisse jusqu'au bord de la falaise, deux voitures, le gagnant étant celui qui s'extraira de l'auto le plus près du bord du précipice. Cette course, le critérium des 3 ans, visible à l'envi sur YouTube grâce à l'ami KingPresa, me fait inlassablement penser à La fureur de vivre. Jean-Pierre Dubois et Thierry Duvaldestin tous deux dans le rôle de James Dean. Qualita Bourbon dans celui de la voiture la plus sexy du monde. La fureur, donc, mais d'autres films encore. N'importe quel Eastwood, parmi les derniers. Ou Le Parrain. Cette course c'était l'histoire d'un père qui veut baisser le caquet à son fils quand celui-ci lui annonce que la charcuterie familiale, il va la transformer en boutique où on vendra des téléphones mobiles. Duvaldestin envoyant au casse-pipe son cheval pour terrasser le patron, renverser la structure paternelle, c'était aussi ridicule que le président de notre pays présentant sa nouvelle amie à Eurodisney. Un truc de culottes courtes. Sans avenir puisque l'avenir perpétuel. Enfin, fallait bien tenter quelque chose pour donner le change. Révolution, renversons les patrons, place aux jeunes, c'est nous les sans-culottes. Courtes. Et puis le Thierry, les Dubois-Baudron lui avaient piqué le dernier critérium qu'il pensait avoir à sa main avec Pearl Queen. D'où la vengeance. Il a tenté sa chance. Dont acte.
Le père et le fils, donc, à toute berzingue dans deux voitures de compétition. Et le troisième personnage, l'esprit saint, incarné dans une pouliche plus grande que la vie. QUALITA BOURBON. Un nom à n'écrire qu'en majuscules, un nom qu'on imprimerait bien en affiche géante sur le mur de sa chambre, pour n'avoir pas trop à se souvenir ce qu'est la classe quand on se réveille. L'enfant prodige. QUALITA BOURBON saute une classe. QUALITA BOURBON saute deux classes. QUALITA BOURBON passe son bac à 13 ans. QUALITA BOURBON sait conduire une Ferrari mais n'a pas le permis. QUALITA BOURBON, charmante jeune fille, sûre de son charme, prend la tête et joue à « Qui m'aime me suive » avec les garçons sur le parcours du critérium. Jean-Pierre Dubois, le sage, au cœur soudain retourné par une nymphette, qui repart au combat, démon de midi, ange de seize heures trente, comme dans « Un amour », le roman de Dino Buzatti.
Mon grand-père, ce héros. Qualita, l'héroïne, le shoot, le pur speed, qui lui a fait perdre les pédales. L'accélérateur enclenché, bloqué, la moumoute qui s'envole, le Franprix, le kebab, la laverie, la rue avalée comme une soupe aux poireaux, les formes et le sens des échoppes s'effacent au profit des couleurs des devantures. Au volant de QUALITA. Pur trip. Jean-Pierre Dubois qui parcourt le monde pour se coller le cul dans un sulky et parcourir encore le monde en deux tours de piste. Chapeau, vieux !
Revoir le criterium, copicoller...
http://fr.youtube.com/watch?v=xFx0JZGT3AU
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