| lundi 30 octobre 2006, a 03:28 |
| Typologie du joueur |
Dans l’immobilier, vous avez deux types : le locataire et le propriétaire. Le locataire ne souhaite pas s’attacher aux choses, aime changer d’écurie, tandis que le propriétaire aura tendance à s’établir définitivement en un lieu. Le propriétaire apprécie la permanence, le locataire l’indépendance, deux philosophies bien distinctes donc. Aux courses, vous avez une multitude de paris, pour nous restreindre au jeu simple que nous privilégions ici (ce blog étant déjà suffisamment complexe), vous en avez deux : gagnant, ou placé (dans ce cas, votre cheval doit alors finir dans les trois premiers). Et bien, à partir de l’attitude, du choix de jeu et des résultats, je peux vous croquer en trois coulées gros les types de parieurs que vous pouvez croiser.
Aux courses, vous avez le gagnant, le loser et le bouddhiste.
Le gagnant recherche le gain d’argent et l’estime de soi par le jeu, il veut faire bouffer le cendrier aux autres parieurs (les courses étant un jeu mutuel, on joue contre les autres), il attire les jalousies, il est souvent seul (normal, nous ne sommes vraiment pas très nombreux dans le club) et doit donc abandonner toute vie sociale, sinon il se fait taxer à tout bout de champ par ses relations. Pire que tout, pour continuer à gagner, il doit vivre à la spartiate, se nourrir de salade fraîcheur, prendre soin de son palpitant et s’éviter tous les excès. Il doit en outre se taper la lecture de Tiercé Magazine. Bref, une vie d’andouille. Et pourtant c’est elle qui fait rêver les 99.5% des autres turfistes.
Le loser, quant à lui, existe version flambeur, version flambé et version flamby.
Le flambeur adore exploser son compte bancaire, c’est un paillard, un addictif, il monte souvent sur la table en chantant ABBA. Il mise gros puis encore plus gros. Le flambeur est versatile, vous êtes son meilleur ami à douze heures, et le pire des poisons à midi. C’est un obsessionnel, il déchire ses billets de peur qu’on ne les lui vole. Bref, il est fatigant, mais peut aussi se montrer délicieux comme Omar Sharif, sa figure tutélaire. Son animal-totem : le loup blanc.
Le flambé (qu’on reconnaît à sa tenue vestimentaire, à force de claquer sa thune dans des méthodes miracles, il n’a jamais eu de quoi se payer un numéro de Vogue Hommes) enchaîne les pertes et annonce qu’il se refera demain. Il conserve la foi. Mais Gagner, est-ce l’essentiel pour lui ? Que nenni. Quand le cheval du loser finit dans les trois, c’est une déception, il ne peut plus se livrer à son sport favori : chercher des excuses, incendier les commentateurs d’Equidia, accuser de corruption le personnel hippique.
Le loser aime pousser des gueulantes, mais surtout être différent (tandis que le gagnant essaye de se conformer à ce qui est, car seule la Vérité, l’Arrivée est payée aux courtines, et non le cheval monté par un écuyer Zavatta qui aurait dû finir dans les trois s’il avait eu un meilleur parcours).
Par une ruse de la raison, le loser sélectionne quasi-toujours celui qui ne sera pas là car il veut se singulariser des autres parieurs. Le loser va donc avoir tendance à chercher des grosses côtes, pour être différent, unique, lui-même, il préfère miser sur un placé à 30/1 qui lui rapportera 5 euros plutôt que de jouer gagnant sur le second favori à 5/1.
Le flambé aime toucher une fois sur trente, et ce jour-là il est le roi du monde. Vous l’aurez compris, on passe de très bonnes soirées avec lui sauf quand on décide de suivre ses jeux pendant une nocturne.
Vous avez des losers absolument joyeux et magnifiques, d’autres pitoyables et tristes ; mais je crois que ce qui les sépare vient de ce qui se passe dans leur vie extra-turfiste.
Le flamby joue un euro cinquante pour amuser la partie, et ce tous les cinq jours. C’est le parieur occasionnel, il fait des quintés, il est chiant comme la pluie. La proximité du Flamby peut s’avérer infernale, c’est le genre de gars qui vous alpague dans un pmu pour vous expliquer que Pieux est super et vous en parler pendant une heure car il a mis un euro placé dessus. On trouve parfois des poils de barbe dans le flamby.
Quant au bouddhiste, c’est bien simple, il est celui dont tous les chevaux arrivent quatrième quand il joue placé, et second quand il mise gagnant sec. Quand vous êtes dans ce cas de figure malheureux, ou vous devenez fou, ou vous virez zen, car vous comprenez que vous êtes quelque part l’élu. Vous faites le papier sérieusement, vous êtes certain de vous, puis la course se déroule et un cheval sorti de nulle part finit devant votre bourrin, détruisant vos rêves prestigieux. La première fois, ça enrage ; la seconde, ça énerve ; mais très vite, vous vous faites une raison. Votre cheval qui finit quatre, c’est con, à une place près, il finissait cinquième.
L’idéal est d’être soi-même un peu des trois, tout en conservant carrément une part non turfiste.
Hier, j’étais bouddhiste, je tentais des bras dont je ne savais s’ils étaient cassés ou vigoureux. Aujourd’hui, je suis loser en misant sur un canasson qui voit le poteau une fois sur quinze. Demain, je serai gagnant. Ou pas. Patron, remettez-nous ça !
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| dimanche 29 octobre 2006, a 02:42 |
| Qui qui tire sur la bandelette ? |
C'est dans un état fébrile que je vous écris, mes chers tous. Je sors à peine d'un séjour hospitalisé, j'ai en effet dû être opéré par un spécialiste dont on m'avait recommandé la drive du scalpel (la photographie ci-contre représente la talentueuse équipe du professeur Charlot, reconnaissable à ses yeux naturellement rouges) mais passons.
Il est des choses plus graves que ma petite personne, je pense notamment à l'annonce faite à Hypo de courses organisées dès 11 heures du matin à partir de janvier sur l'hippodrome de Deauville.
On y retrouvera ceux qui n'ont pas réussi à faire leur beurre pendant l'année, ces galopeurs seront punis et iront se peler les miches par temps neigeux à l'heure où Matin Bonheur s'achève.
Y a pas à dire, ça fait rêver.
Je me sens donc flagada, un peu comme le turfiste moyen dès 2008, convié à plancher sur les quatre réunions quotidiennes que nous concotera alors le PMU.
Suite à l'échec de Paris 2012, il semble que le PMU se soit fixé un nouvel objectif pour unir le peuple de France, Paris Mutuels 2012.
Dès 2012, il sera ainsi possible (d'après mon ami Bélinguier) de parier sur onze réunions par jour : on planchera dès l'aurore sur des courses de mulets à Saint-Quentin dans l'Aisne, et la journée s'évanouira à parier sur tous les hippodromes de France, ivres du jeu, nous finirons chaque nuit entre une et deux heures du matin par nous passionner pour un réclamer de sangliers ardennais à Vouziers.
Jésus multipliait les pains pour nourrir les affamés, Bélingue multiplie les courses pour se payer du pain Poilane.
Dimanche, hasardons quant à nous quelques mises sur Krataios, dont je vois qu'il a pris part au Jockey-Club à la côte de 6/1, et qui devrait là-dessus se placer dans un groupe III en dépit de sa rentrée et de son poids lourd.
Keepsake a fait une bonne rentrée, espérons que ça suffira pour renouer avec sa régularité demain. Quant à Lucky Charm, il semble fort joliment engagé. Trois courses, ça suffit pour une journée !
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| vendredi 20 octobre 2006, a 12:24 |
| Chien perdu sans mojo |
Tout n'est peut-être pas perdu. Mon mojo finira bien par revenir, allons... Certes, votre Hypo, le prince de la cendrée, venait consécutivement de se faire vider son compte en banque, se retrouver seul, contracter un emprunt gigantesque pour aider des vieux, radier des listes de l'ANPE et foutre sur la paille ses lecteurs, parmi lesquels Jean Barbon (cf. Remboursez les ronchons), mais comment la situation pouvait-elle empirer ?
Tel Proust avec sa Madeleine, c'est au petit-déjeuner rikiki (j'avais déjà le dos en compote et il me restait un fond de céréales Gringalos), pris dans une cuisine avec un carreau brisé grand, que je me suis aperçu que j'étais vraiment dans la mouise, à la vue d'un ticket de simple gagnant d'un euro cinquante misé sur Peloponnese qui, la veille, était resté dans sa stalle de départ (cf. Assister à la course, bloqué dans la stalle de départ). Bordel ! Moi qui pariais du 500 euros par course, j'en suis réduit à jouer du 1 euro 50 comme n'importe quel mytho d'Internet.
Toutefois, je remarquais que j'enchainais les quatrièmes places depuis que je ne pouvais plus me la taper grand prince, tout n'était peut-être qu'un facétieux signe du destin. Pour m'éviter de me prendre par la suite des déculottées, le fatum m'avait d'abord arraché le Levi's.
La veille, j'étais sorti chez moi dans l'après-midi pour draguer des serveuses de points-courses (Rateau le 303, puis Dans tes rêves le 69), et j'avais failli me casser la gueule dans l'escalier en marchant sur Jean Barbon. Comme le (nouveau) pauvre chialait, je lui ai dit de foutre son Livret A sur le Nivard placé, mais Nivard n'avait pas participé à la course au final, car le cheval qu'il devait monter était un chien.
Le soir même, Barbon m'attendait devant l'entrée principale de l'immmeuble avec quelques amis à lui, notamment des barres de fer. Pour éviter toute violence (je détestais frapper les gens, une fois j'avais pratiquement chatouillé un bandit jusqu'à la mort, seule la clémence m'avait fait stopper la torture de ce méchant avant le trépas), je prenais de la poudre d'escampette, regagnant ma bagnole avec auto-radio POGO FM.
Ma Ford Taunus avait dû être dérobée dans la journée ou bien était partie à la fourrière, que sais-je, en tout cas, j'ai dormi dans la rue jusqu'à du potron-minet où, à coups de tatannes sport, je me suis fait réveiller la gueule par des zonards.
Au petit matin, j'ai profité du ramassage des ordures devant chez moi, ainsi que du fait que Barbon et ses potes n'étaient plus très vigilants (ils dormaient peinards devant le digicode) pour monter sur le camion-poubelle et atteindre l'escalier de service. Je l'ai fait en deux temps, car la première fois, j'avais glissé et m'étais retrouvé dans la benne, manquant de me fracasser le crâne sur des boîtes de café équitable, je me suis relevé et nettoyé un peu, par chance j'étais juste entièrement recouvert de cassoulet et de sperme glissant de préservatifs usagés.
L'imper cradoque, j'ai repris mon escalade et ai pu accéder au toit sans encombres, et en varappe (je vivais sous les combles), casser une fenêtre de mon appart' pour enfin rentrer chez moi.
Je me suis deshabillé pour prendre une douche et après avoir constaté qu'on m'avait coupé l'eau, je suis sorti de la cabine tout à poil, mon pied s'en est allé glisser sur un flacon de P'tit Marseillais sur lequel j'ai rippé pour perdre hélàs l'équilibre, puis atterrir en fortune ailleurs, dans ma spacieuse salle de bains, et je me suis - ô Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? - logé la tronche dans la cuvette des chiottes que je n'avais pu vider, vu que je n'avais point d'eau.
La chair est triste et j'ai lu tous les Paris-Turf.
La boîte aux lettres, remplie de factures, et je n'ai même plus de quoi me payer en pharmacie une boîte de Suicidox.
Les alertes geny affluent pour ce soir à Vincennes sur Outlook et je n'ai même plus de quoi les jouer.
Qu'importe, ce soir, j'irai à Vincennes et je forcerai mon destin... les tuyaux sont là, si je trouve de quoi les plomber, je les transmuterai en or.
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| lundi 16 octobre 2006, a 08:42 |
| Brrrr ... |
En revenant d'Auteuil, j'ai éprouvé quelque peine à reconnaître mon appartement. Les murs étaient nus, le parquet ne soutenait aucun pied de table, les ampoules pendaient sans lustre. Pour se payer un billet retour ou pour se venger d'André Fabre en se payant une peluche vaudou, les trois japonaises que j'avais hébérgées après l'Arc avaient revendu sur e-bay ou dans un vide-greniers mon mobilier de choix, ma bibliothèque, mes vêtements.
Je le sais parce qu'elles m'ont laissé un mot rédigé dans un français parfait : "Harry gâteau", assorti de traces labiales effectuées au rouge à lèvres (l'empreinte de leurs bouches, probablement).
Les trois garces ne se sont pas contentées de cela.
Kimiko, Maki et celle dont je ne me souviens plus le nom, ont par-dessus le marché commun, vidé mes comptes en banque. Sur celui de l'écureuil, je n'avais déjà rien, de toute façon. Plus grave, elles avaient viré le solde de mon compte ump sur une adresse bancaire brinquebalante, au Bélinguistan. Et mes dizaines de milliers d'euros qui dormaient chez satan ont filé à l'anglaise, aux îles Cojinchilana, hors d'atteinte.
Les pestes. Je me sens seul au monde, et j'ai envie de tendre mon poing vers le ciel en hurlant à qui veut l'entendre "Grosjean comme devant !" ou "Flûte alors".
Ne me reste plus que ma freebox, mon ordinateur portable et quelques euros gagnés samedi à Auteuil en écoutant les conseils de Camier, alias le Boîteux, dit aussi "l'homme au trèfle à quatre feuilles entre les dents", et encore appelé "l'homme aux quatre noms".
Je vide ma bourse... quelques euros, vraiment guère plus. Le nom de la troisième, j'y suis, est aussi Maki. Ma théorie des 18% s'effondre. Il y en avait deux, des Maki. Ma théorie des 18% s'effondre. Moi qui étais tendu vers le meeting d'hiver, je dois à présent gagner de l'argent sans attendre, travailler pour le loyer ou me payer des raviolis en semaine, et le dimanche, une blanquette de Limoux.
Fichtre. Ca doit être ce qu'on appelle la nuit.
Je fais un oreiller de fortune de ma collection de Bilto reliée en peau de zèbre, que les trois malfaisantes m'ont laissée, et je fais également la gueule.
Repensant avant de sombrer dans le sommeil à Christophe Gallier, je m'endors néanmoins en riant. Il fait froid, mais je ne branche pas le chauffage. |
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| jeudi 05 octobre 2006, a 10:18 |
| Dormir sur la banquette arrière |
J'ai la casquette ce matin, après une seconde soirée passée à l'Hospice Bélingue, cette fois pour apporter la monnaie engrangée à Laval, tenir ma parole. Je me suis réveillé dans ma caisse vers neuf heures, une sexygénaire en nuisette Damart à mes côtés.
La verveine, ça vous chamboule un homme. Je me sens retourné, la tête à l'est, vapeurs d'Alsace, je voulais d'ailleurs écrire "ça vous jamboule". Je ne me souviens pas de grand-chose. Les cheveux mauves ont porté un toast à Mirage du Goutier, puis un vieux a fait du smurf.
Assez de vieux tontons. Aujourd'hui, deux jeunots aux limites inconnues, comme on dit quelque fois dans le métier et toujours de sa progéniture. Je mets deux-trois pièces histoire d'avoir l'impression de m'etre réveillé ce matin, je raccompagne la Old lady à sa partie de gin-rami, puis je fais chauffer la Taunus direction Cabourg. Je dois discuter avec mon beau-frère, le malfrat Tudor, d'une idée de casse que j'ai eue, à effectuer dans une maison de retraite.
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| lundi 02 octobre 2006, a 23:08 |
| Sauter une classe de plat |
Déjà, j'ai appris à lire dans le Paris-Turf, à quatre ans je savais lire, écrire, et parier quand les plus malins de mes camarades de sieste comptaient jusqu'à deux en s'aidant de leurs narines. Alors quand je vois un canasson en culottes courtes, je m'identifie à quatre pattes.
NIFFYRANN, champion précoce, s'est emmêlé la ligne le dernier coup, dansant le paso, au lieu de filer droit, et donc fut déclassé au quatrième rang. On peut le suivre demain en espérant que ça se passe mieux, ce qui serait une victoire. On peut aussi espérer que tous ses concurrents imitent l'enfant prodige et dansent à leur tour le paso doble face aux tribunes, ce qui serait un émerveillement. Sinon, on peut toujours envisager pour lui une carrière à la Guillaume Depardieu.
Mardi. Enghien. 717. Niffyrann (2G/8P dirons-nous, pour faire plus nombreux)
Post-Races.
Niffyrann, quatrième, très bon début pour ce blog ("rater sa vie, mais la rater de peu", Michel Houellebecq) qui n'a pas vraiment de prétentions turfistes ! Ou oui, turfistes, mais pas monétaires.
Post-it sur mon frigo : consacrer un jour un article enfiévré à la gloire de la quatrième place.
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| Présentation |  Le pseudo que j'ai pris est "Hypo".
Je suis le turfiste qui se rend sur les hippos en Ford Taunus. Vous me reconnaissez ?
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